Réforme : Une nouvelle loi pour ne rien changer

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La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a organisé une parodie de concertation, sous le nom d’assises, pour jeter les bases d’une nouvelle loi. Celle-ci ne devrait pas remettre en cause les orientations prises par les gouvernements précédents.

La réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche promise par la nouvelle majorité est en marche. Auparavant, Geneviève Fioraso, la ministre en charge, a singé une concertation supposée prendre l’avis des acteurs concernés. Trois grand thèmes ont été abordés : la réussite des étudiantes et étudiants, la politique de recherche et l’organisation du paysage universitaire. La consultation s’est faite en trois étapes. Des organisations « représentatives et institutionnelles » ont été entendues. Puis ont été organisées des assises territoriales par région. Enfin, des assises nationales ont discuté de 121 propositions. Le 17 décembre 2012, a été remis à Geneviève Fioraso et à François Hollande un rapport synthétisant les recommandations, qui doit servir de base à un projet de loi début 2013.

Les personnels, les étudiantes et les étudiants, qui se sont mobilisés ces dernières années contre la loi d’autonomie des universités de 2007 et les réformes qui l’ont accompagnée, attendaient une rupture. Mais le PS n’a jamais remis en cause cette loi. Il était donc clair que ces assises ne changeraient rien au fond.

Mascarade de consultation

Les orientations majeures des précédentes réformes ne sont pas remises en cause par les propositions faites. Il en va ainsi de l’augmentation continue des frais d’inscription et de la sélection à l’entrée de plus en plus de filières. Les inégalités entre universités, classes préparatoires et grandes écoles se maintiendront. La professionnalisation des formations, c’est-à-dire leur soumission aux injonctions des entreprises, demeure un objectif central. Les entreprises et personnalités extérieures resteront présentes dans les instances décisionnelles. En l’absence de financements suffisants, beaucoup d’universités sont en faillite et ne renouvellent pas certains postes. Pour combler les besoins, l’emploi précaire se généralise.

De fait, ce ne sont pas les étudiants et personnels, mais des représentants sélectionnés qui ont été entendus, sur des sujets délimités à l’avance. Les assises et les choix qu’elles laissaient présager ont été vivement critiqués par des collectifs de précaires, comme par certains syndicats et associations (Sud, Sauvons la recherche et Sauvons l’université, les syndicats de la FSU et de la CGT...). Dans plusieurs villes, des manifestations ont ponctué l’ouverture des assises nationales, le 26 novembre 2012. Pourquoi mettre en place des organes de consultation ad hoc, alors que le monde universitaire sait très bien construire démocratiquement ses propres revendications dans des assemblées générales et coordinations, comme il l’a fait à maintes reprises ces dernières années ? Dans ces structures d’auto-organisation, chacun peut s’exprimer, hors des cadres fixés par le programme du PS.

Marion (Sud-Étudiant)

 
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