À contre courant : Sortir du capitalisme en crise

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


La première vague des luttes pour le socialisme, celle du XXe siècle, a démontré les limites des prétendus communismes de la IIIe Internationale, des nationalismes du Sud et, désormais, la faillite des social-démocraties européennes. En tirer les leçons suppose d’associer la gestion économique, les décisions politiques à l’approfondissement de la démocratisation de la société, tout en intégrant la dimension écologique à la critique radicale du capitalisme. Mais ces orientations, si elles ne sont pas conjuguées avec un internationalisme exigeant, rateraient la dimension essentielle de la crise du capitalisme.

Certes, la crise du système est financière, économique, sociale, énergétique et écologique. Mais, c’est aussi celle d’une guerre Nord contre Sud, contre les périphéries récalcitrantes, celle de la tentative de déploiement du contrôle militaire de la planète par les états-Unis et leurs alliés de l’Otan. Cette gestion militarisée est aussi en crise. Sera-t-elle remise en question par la seule révolte des pays du Sud et pour quels résultats ? Le pouvoir des oligarchies, de leurs alliés, concurrents et sous-fifres, ne sera remis en cause que par la convergence des luttes du Nord et du Sud. Les forums sociaux mondiaux ont montré que cette voie devrait être suivie malgré les difficultés actuelles. C’est pourquoi il convient d’être plus que méfiants vis-à-vis de la propagande médiatique qui encense le dictateur tunisien et condamne la mollahcratie en Iran, s’accommode des régimes mexicains et colombiens, tout en jetant l’opprobre sur Chavez et Morales, etc.

La victoire d’Obama et la brève obamania qui lui a succédé sont paradoxalement la preuve que l’hégémonie états-unienne connaît les limites de sa puissance. Le rêve états-unien est devenu pour nombre de ses citoyens un cauchemar dont ils ne sont pas prêts de sortir compte tenu du poids de l’idéologie dominante qui, pour nombre d’entre eux, les a transformés en crétins lobotomisés (voir les réactions par rapport à la réforme « communiste » du système de santé). On n’est pas forcément mieux lotis chez nous, vu les faiblesses des réactions par rapport aux privatisations, licenciements, etc.

Sortir du capitalisme en crise, c’est lutter contre la destruction des bases productives au Nord, autrement dit promouvoir la relocalisation d’activités de proximité écologiquement viables. Ce n’est pas seulement de primes de départ dont les travailleurs occidentaux doivent s’emparer mais de l’appropriation des moyens de production pour produire autrement et autre chose qui satisfasse les besoins des populations. Sortir du capitalisme en crise – et c’est un autre défi – c’est aussi s’opposer au pillage des ressources du Sud et aux guerres impériales.

Pour ce faire, les calembredaines et autre fariboles assénées à longueur de médias sur la sortie de crise doivent être rejetées comme autant d’impostures pour tenter de nous détourner de la nécessaire sortie du capitalisme.

 
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