Politique

Bérézina municipale : Hollande déroule le tapis rose à l’extrême droite

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Lors des élections municipales des 23 et 30 mars, le PS a perdu plus de 150 villes au bénéfice de l’UMP et du FN — qui l’emporte en effet dans une quinzaine de villes. On ne peut bien sûr qu’éprouver de l’amertume et de la colère devant la progression indéniable du parti d’extrême droite mais parler uniquement de vague « bleue » ou « bleu marine », comme les politiciens ou la plupart des journalistes, c’est passer sous silence la très forte abstention qui a marqué ces élections. Voici l’analyse des résultats que propose AL.

Il faut tout d’abord noter que la poussée de l’extrême droite est la conséquence directe des politiques menées par les gouvernements UMP et PS, qui, depuis des années, ont piétiné les droits des travailleurs et des travailleuses pour enrichir le capital.

En décourageant les solidarités collectives et en misant sur le repli sur soi et la culpabilisation individuelle face aux problèmes sociaux (chômage), les gouvernants n’ont fait qu’entretenir le terreau antisocial dans lequel pousse le FN. Mais celui-ci a beau jeu de dénoncer le « système UMPS » car les dirigeants du parti d’extrême droite viennent du même monde : celui de la bourgeoisie, de la classe capitaliste. Et, une fois arrivés au pouvoir, ils mèneraient eux-aussi une politique en faveur des patrons et des plus fortunés.

Or la polarisation de la vie politique par le FN (bien aidé en cela par la caisse de résonance médiatique) se traduit par une déplorable course à l’échalote en termes de politique migratoire et sécuritaire : plutôt que de combattre l’extrême droite sur le terrain idéologique en proposant un autre projet de société, la gauche libérale use des mêmes ficelles que la droite et essaie de battre le FN à son propre jeu. C’est complètement suicidaire et la nomination de Valls à Matignon ne fait que confirmer cette fuite en avant d’une classe politique déconnectée des problèmes du peuple.

Enfin, la forte abstention démontre une nouvelle fois la perte de légitimité de la classe politique dirigeante et de toutes ses institutions. Cette défiance s’exprime au sein même d’une partie importante de la gauche sociale, qui ne se retrouve même plus dans les partis « à gauche de la gauche ». Car ce sont des luttes collectives et des solidarités réelles qui redonneront l’espoir de changer la société et non des promesses de campagne et des discours électoraux.

Pour Alternative Libertaire les choses sont claires :
- Le combat contre l’extrême droite passe par la redynamisation des mouvements sociaux. C’est en mettant en avant d’autres solidarités, d’autres réponses à la barbarie capitaliste qu’on pourra juguler la poussée du FN et des groupes fascistes. Et face aux politiques menées actuellement, il est urgent de se mobiliser et de reprendre la rue.
- Si on veut changer les choses, il faut s’y prendre par en bas, en développant les luttes sociales et en s’organisant de manière réellement démocratique.
- La création de collectifs locaux de mobilisation pour la marche du 12 avril est une première tentative allant dans ce sens.

Libertaire, égalitaire, une révolution reste à faire !

Alternative libertaire, le 2 avril 2014

 
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