Dico anti-technocratique : « La technocratie »

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Chaque mois, un mot ou une expression passée au crible.

Les activités techniques sont celles qui reposent uniquement sur la mise en adéquation la plus efficace des moyens à des fins. La logique technique ne se pose que la question des moyens. La technocratie désigne un pouvoir social lié à la rationalité technicienne. Il est possible de distinguer au sein de la classe technocratique deux sous groupes : les managers et les bureaucrates. Le système technocratique est autonome, mais interagit avec les systèmes capitalistes et étatiques. Les managers détiennent un pouvoir technocratique au sein des entreprises privées qui peut être allié ou même entrer en concurrence avec les capitalistes qui détiennent les moyens de production. Les PDG des grandes sociétés anonymes en sont le type même. Les bureaucrates ont un pouvoir qui peut être concurrent à celui des hommes politiques au sein de l’Etat. Ils ne sont pas chargés en théorie de prendre des décisions politiques, mais progressivement ils tentent d’étendre leurs prérogatives et d’imposer leur logique au sein des organisations étatiques ou supra-étatiques. La commission européenne peut apparaître comme un exemple de ce pouvoir bureaucratique.

Le pouvoir technocratique tend à reposer sur l’affirmation d’une compétence technique : management appris dans des écoles de gestion, sciences administratives enseignée en particulier à l’ENA. Les formes adoptées par le pouvoir technocratique aussi bien dans le privée que dans le public évoluent au cours du temps. Dans le privée, on peut citer le taylorisme, le toyotisme, le système Wal-Mart... Dans l’Etat, la technocratie avait été décrite par Weber comme une logique légale rationnelle consistant à appliquer le droit sans se soucier de la question de la légitimité. Le pouvoir technocratique a pu s’appuyer lui aussi sur plusieurs modèles qui ont pu être l’Etat providence ou plus récemment le New Public Management dont une application est la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

La lutte contre la technocratie implique que ce ne soit plus ces derniers qui détiennent le pouvoir de décision sur la gestion de la production économique et l’organisation du travail, ni les décisions politiques, mais les « travailleurs citoyens ». Cette dernière expression désigne le fait que si la condition de la citoyenneté réside dans le fait d’être un travailleur, elle ne s’y réduit pas : nous sommes également des consommateurs, des habitants….Ce qui explique la double organisation libertaire en fédérations d’industries et en fédérations de communes. Néanmoins, nous devons nous même veiller à ce que nos propres organisations ne génèrent pas leur propre technocratie : ceci passe en particulier par un souci de la rotation des tâches, du non-cumul des mandats et de leur limitation dans le temps.

Irène

 
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