Accord EELV-PS : Les Verts dévoilent leur éco-tartuferie

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La candidate EELV tapait du poing : « Nous ne céderont pas sur le nucléaire et sur Notre-Dames-des-Landes ». Et pourtant ils l’ont fait. Retour sur un épisode digne des plus pathétiques mélodrames politico-médiatiques.

La superproduction PS-EELV (Europe écologie-Les Verts) est enfin sortie dans les salles. La bande annonce a fait un effet bœuf : psychodrames, déclarations drôlatiques ou lyriques, suspens et autres coups de théâtre. Elle avait de quoi attirer ceux et celles qui croyaient que l’avenir est dans les urnes. Ce bel accord permet de belles déclarations internationalistes pour le bonheur des peuples. Citons une taxe sur les produits financiers pour payer les dettes européennes et le développement des pays émergents, la « nationalisation » partielle des entreprises dans le besoin, la création d’une agence internationale de l’environnement dont le siège serait en Afrique… Mais attention tout ce bon programme est conditionné par l’acceptation des autres pays et instances internationales, ou bien par un « Grenelle ». Bref, c’est du réchauffé ! Rassurez-vous c’est le parlement qui tranchera ! Remercions le PS et EELV de renforcer la démocratie bourgeoise, indirecte et parlementariste. Ce programme de mandature ne contient pas une ligne concrète nouvelle. Mais rassurons les éternels heureux, l’honneur est sauf pour tous ! Cet accord permet donc à chacun de continuer sa partition dans la pièce de théâtre présidentielle. EELV aura son groupe à l’assemblée et sûrement quelques maroquins ministériels. Le PS continuera sa logique productiviste et capitaliste vert pastel. Par la suite, il pourra signer d’autres accords avec d’autres acteurs « radicaux » comme le Front de gauche.

Mais voilà : les futurs électeurs et électrices de EELV ne pourront plus exprimer leur revendication de l’arrêt du nucléaire car ce texte en acte la poursuite.

[*L’accord acte la poursuite du nucléaire*]

Certes Fessenheim sera arrêté, L’EPR poursuivi en rajoutant une once de sécurité avec le maintien des deux tiers de la capacité de production électronucléaire. Tartuferie, qui, à terme, signifie soit le prolongement des actuelles centrales, soit la construction de nouvelles. Cependant le texte nie ces deux solutions. Même combat pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : on constate un simple désaccord et on passe à la suite. C’est le retour en grande pompe de la « gauche plurielle » qui avait permis d’asseoir les Verts de l’époque comme des gens responsables dans les instances locales et nationales. Pendant cette glorieuse période, de nombreuses avancées dans tous les domaines furent validées par les Verts de l’époque : déploiement du programme ITER, enfouissement des déchets radioactifs à Bure, implantation de lignes EDF à haute tension, essais OGM, incinération des déchets. Parallèlement, des tentatives d’instrumentalisation inquiétantes ont eu lieux dans les réseaux sociaux comme Sortir du nucléaire pour peser sur cet accord. Soyons justes ! Il s’agit bien de l’accord attendu par ces assoiffés de pourvoir, aucune surprise ! Le PS certes mais aussi EELV ne sont pas des partis porteurs de projet de transformations sociales, écologiques et sociétales pour les peuples. Le seul mérite de cet accord sera peut être d’éclairer ceux et celles qui le croyaient encore. Espérons qu’ils nous rejoignent dans les luttes directes du mouvement social !

Mikael (AL Nantes) et Claude (AL Paris-Nord-Est)

 
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