pétition

La campagne BDS prend de l’ampleur, l’État la réprime

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[pétition] Alors que l’État français cherche à criminaliser la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions contre le colonialisme israélien, une pétition est lancée pour renforcer le mouvement. Solidarité avec le peuple palestinien en lutte !

Manuel Valls a annoncé le 18 janvier 2015 lors d’une rencontre des Amis du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qu’il souhaitait que l’état français augmente la pression et la répression contre la campagne Boycott Désinvestissement Sanction(BDS), initiée depuis 2005, et dont Alternative libertaire est membre. C’est la face médiatique et récente d’une tentative de criminalisation d’un vaste mouvement de solidarité, devenu gênant pour l’état français, allié historique de l’état d’Israël.

Pendant l’été 2014, l’armée israélienne attaquait Gaza et les territoires palestiniens lors de frappes et d’avancées au sol meurtriers. De nombreuses manifestations de solidarité avec le peuple palestinien en lutte organisées en France avaient été interdites.

Alors que la campagne BDS gagne aujourd’hui de plus en plus d’ampleur et bénéficie de l’énergie de militant.e.s motivé.e.s par ses succès dans le pays comme partout ailleurs dans le monde, la volonté du pouvoir de criminaliser les actions de Boycott et d’information se renforce : refusons-là et renforçons encore autant que possible la campagne jusqu’à la fin du régime d’apartheid !

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Samedi 27 janvier, action de BDS France 34 à LIDL : des fruits et produits des marques israéliennes Mehadrin et Jaffa implantées illégalement dans les colonies israéliennes y sont vendus.
cc BDS France

NOUS APPELONS AU BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS !

De nombreuses associations s’indignent de la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens. Voici un nouvel appel signé par plusieurs militants, intellectuels et responsables politiques en défense de la campagne BDS lancé par les Palestiniens le 4 juillet 2005.

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 !

Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de «   provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée   ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens.

Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

Premiers signataires de l’appel :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris ; Sihame Assbague, militante associative ; Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre ; Saïd Bouamama, sociologue ; Rony Brauman, médecin, essayiste ; Sonia Dayan-Herzbrun, Professeure émérite à l’Université Paris Diderot-Paris7 ; Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes ; Alain Gresh, journaliste ; Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8 ; Christian Salmon, écrivain ; Azzedine Taïbi, maire de Stains ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne .



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Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter le dossier Palestine libre ! « Après la première Intifada (1988-1993) et la seconde Intifada (2000-2005), c’est un troisième soulèvement populaire palestinien qui secoue le joug colonialiste israélien. Sans la liberté, sans la fin de l’occupation, sans le retour des réfugié.e.s dans leur foyer, sans l’abolition de l’apartheid qui sévit de la Méditerranée au Jourdain, il ne faut pas espérer de paix durable. »

 
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