Soutien à Saïdou et Saïd Bouamama

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Le 20 janvier 2015, Saïdou du groupe ZEP et Saïd Bouamama, sociologue et militant, sont convoqués au TGI de Paris, suite à une mise en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte d’une association d’extrême droite.

[Communiqué d’AL paru le 5 janvier 2013] Saïdou, chanteur du groupe Zone d’expression populaire (ZEP), et Saïd Bouamama, sociologue et militant, sont attaqués en justice pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » par l’Alliance générale contre le racisme et pour la défense de l’identité française et chrétienne (Agrif) suite à la sortie de leur livre et de l’album Nique la France. Devoir d’insolence.

Nous ne pouvons qu’adhérer totalement aux paroles de la chanson mise en cause :
« Nique la France et son passé colonialiste
Ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes
Nique la France et son histoire impérialiste
Ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. »

La plainte a été déposée en octobre simultanément à la polémique lancée par le livre de Copé à propos du « racisme anti-blanc ». Ce concept, qui n’était jusqu’alors utilisé que par l’extrême droite, permet d’accuser des maux qu’ils vivent les victimes du racisme d’État. Le concept n’est pas nouveau : Frantz Fanon en parlait comme d’une arme contre les revendications des colonisé-e-s.

Cette attaque illustre les injonctions au silence qui sont faites aux enfants d’immigré-e-s. La question est posée ainsi par Saïd Bouamama : « Pourquoi Michel a-t-il le droit d’insulter le drapeau et pas Mohamed ? » En faisant comprendre comme du « racisme anti-blanc » le fait d’insulter la France, les fachos de l’Agrif veulent affirmer tout simplement qu’être Français, c’est être blanc !

La riposte est en marche, une pétition a très rapidement été mise en ligne avec l’objectif d’atteindre 100.000 signatures d’ici février, et une campagne de soutien national se monte – Devoir d’insolence antiraciste – dont Alternative libertaire est signataire.

Nous devons combattre l’injonction au silence, ou ce que le sociologue de l’immigration Abdelmalek Sayad appelait l’injonction à la politesse faite aux immigré-e-s. C’était l’objectif de Saïdou et Bouamama, et leur procès illustre bien le sort qui est réservé à celles et ceux qui refusent de se plier à cette injonction à la politesse.

Merci madame la France ! Et bien non, il n’y a pas de merci pour les discriminations, les violences policières, la misère, la précarité, et les crimes coloniaux d’hier et d’aujourd’hui. Avec ce procès, c’est à la criminalisation d’un appel à l’égalité que nous assistons.

Alternative libertaire réclame l’abandon des poursuites judiciaires à l’encontre de ces deux camarades, soutient la campagne Devoir d’insolence antiraciste et appelle à s’y investir. Refusons les injonctions à se taire qui sont faites au dominé-e-s et aux exploité-e-s ! Que leur parole s’exprime dans toute leur radicalité !

Alternative libertaire, le 5 janvier 2013

 
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