Campagne AL 2013 : Une bataille idéologique à mener

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S’il y a la crise, s’il faut de l’austérité, c’est parce que les travailleurs et les travailleuses coûtent trop cher, disent les capitalistes : face à cette rhétorique mensongère, on ne saurait faire l’économie d’une lutte contre l’hégémonie culturelle de ces derniers.

« Les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont connus. Nous avons un problème de coût du travail ». Cette phrase de Carlos Ghosn, PDG de Renault, résume à elle seule le fond du discours idéologique des capitalistes relayé par les médias. Le « problème » en question n’est pourtant qu’un prétexte pour justifier les politiques antisociales. En réalité, les « solutions » – augmentation du temps de travail, baisse des salaires, fermetures d’usines, destruction des acquis sociaux – ne visent que des buts inavouables : le maintien du taux de profit capitaliste émoussé par la crise économique et qui permet à une caste de nantis de perpétuer son train de vie grandiloquent.

Coût du travail ou coût du capital ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur l’ensemble des richesses créées par les travailleurs et les travailleuses, en France, 60% rémunèrent le travail (salaires, pensions, cotisations) et 40% le capital (profits réinvestis ou pas, dividendes, spéculation). La part du profit dans les richesses produites n’était pourtant « que » de 30 % il y a trente ans. Le coût du travail n’a donc cessé de diminuer relativement au coût du capital. Simplement, les capitalistes en veulent toujours plus. Ce qui coûte cher, c’est donc la part de profit réalisée par les capitalistes sur les richesses produites par ce même travail. Faut-il sortir les chiffres ? Quarante milliards d’euros versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40, ou encore 4,2 millions d’euros moyens annuels de revenu pour chaque patron de ces entreprises... Ces chiffres traduisent à eux seuls le mensonge sur lequel reposent les discours concernant le « coût » du travail. Contrairement à ce qu’assène la pensée dominante à longueur d’éditoriaux ou de journal télévisé, il n’y a pas d’issue « rationnelle » à la crise, qui impliquerait de diminuer le coût du travail. Tout n’est qu’une question de point de vue, celui d’une classe sociale. Et, pour le prolétariat, ce qui est rationnel, c’est d’abolir l’exploitation capitaliste.

Abattre la domination culturelle des puissants

Les capitalistes ne produisent pas de richesses, mais en récupèrent sur le dos de ceux et celles qu’ils exploitent : nous, les salarié-e-s. Voilà ce qu’il faut faire comprendre à l’ensemble des exploité-e-s. Car, si l’exploitation capitaliste fonctionne, c’est en partie grâce à sa domination culturelle des capitalistes qui amène les exploité-e-s à adopter la vision du monde des dominants, et à ignorer la réalité de leur propre exploitation. Ainsi, si la lutte doit se mener sur le terrain social et politique par les grèves, les mobilisations, elle doit aussi se mener sur le terrain idéologique. À l’instar de ce qui avait été fait contre le traité européen de 2005, il est aujourd’hui urgent pour les anticapitalistes de mener un travail de fond consistant à dénoncer les mensonges déversés quotidiennement dans les médias bourgeois et à mettre en lumière le cœur du problème : l’exploitation capitaliste.

La commission Campagne 2013

 
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