Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que la socialisation des moyens de production ?

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Chaque mois, un mot ou une expression passée au crible par Jacques Dubart.


René Dumont, un des pères de l’écologie politique, affirmait en 1974 : « C’est un seul et même système qui organise l’exploitation des travailleurs et la dégradation des conditions de vie et qui met en péril la terre entière. La croissance aveugle ne tient compte ni du bien-être, ni de l’environnement. »

En disant cela, Dumont a logiquement posé la question environnementale en complète interaction avec la question sociale. Parce que la propriété privée des moyens de production soumet toute l’économie à l’impératif d’enrichissement de la classe capitaliste. Et que cela ne peut se faire qu’en organisant l’injustice sociale et la destruction de la planète.

Ceux et celles qui n’osent pas remettre en cause la propriété privée des moyens de production se condamnent à n’aménager le capitalisme qu’à la marge sans supprimer ses effets dévastateurs.

Les pays dits « communistes » ont jadis étatisé les moyens de production – usines, terres agricoles… –. L’organisation de la production, de ce qu’il faut produire et de la répartition de cette production était simplement passé de la classe capitaliste à une nouvelle classe sociale parasitaire : la bureaucratie.

La socialisation des moyens de production, c’est une logique totalement différente de l’étatisation ou de la privatisation.

Le service public englobera toutes les productions et services vitaux pour la population : habitat, éducation, santé, eau, énergie, moyens de communication, transports… Si les objectifs de production seront décidés par les organes démocratiques que se donnera la société, l’organisation du travail au sein de ces services publics appartiendra aux premières et aux premiers concernés : les travailleurs. Personne ne pourra prétendre tirer quelque profit que ce soit de ces activités, mais toutes et tous en bénéficieront à égalité.

Concernant le reste de l’économie – l’économie non « vitale » –, les entreprises seront réquisitionnées et autogérées par ceux et celles qui y travaillent. Les travailleurs décideront tous ensemble, tant de l’organisation du travail que de la répartition des richesses créées.

Quant à celles et ceux qui travaillent seuls – petits paysans, commerçant et artisans –, si la société les incitera à s’organiser collectivement pour bénéficier de moyens de production plus efficaces, mais ils et elles feront comme bon leur semblera… du moment qu’ils ne salarient personne. Dans une économie socialisée, nul ne doit pouvoir tirer profit du travail de quelqu’un d’autre.

La socialisation des moyens de production fera disparaître la classe capitaliste. Ce n’est qu’alors que la démocratie, jusqu’ici bafouée par les diktats du marché et de la finance, pourra prendre un sens. La société aura alors le pouvoir sur les questions essentielles, l’organisation rationnelle de la production pour satisfaire les besoins de l’humanité tout en préservant la planète.

 
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