Edito : Temps pourri jusqu’en juin ?

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Avec le printemps, voici revenu le temps des élections et de ces fameuses émissions télévisées où se succèdent à un rythme effréné des candidats et des candidates débitant à une allure tout aussi effrénée les mêmes déclarations convenues depuis quelques décennies.

De la gauche à la droite, tous et toutes sont absolument persuadé-e-s d’avoir compris ce que veulent « les Français », tous et toutes commencent par regretter unanimement le score toujours plus élevé de l’abstention sur un air de deuil national, et tous et toutes enchaînent en regrettant les scores anormaux de l’extrême droite, ou occasionnellement (c’est la magie des municipales) de l’extrême gauche, tout aussi « populiste ».

Bien entendu, ce sont les mêmes personnes qui durant leurs mandats méprisent les classes populaires, prétendent mieux savoir que nous de quoi nous avons besoin et vendent l’espace public aux entreprises de leurs « amis ». Avec un tel spectacle de pantins sûrs d’eux couplé à des commentaires journalistiques qui depuis des mois se contentent de se demander quelle sera l’ampleur de la vague brune désormais « respectable », rien de mieux pour aboutir au résultat annoncé.

Bien entendu, sans savoir à l’heure qu’il est combien de mairies seront « conquises » par le FN, il est évident qu’il s’agit du résultat prévisible du climat démago et raciste que nous dénonçons depuis des années.

Ce ne sont certainement pas les partis qui se proclament tous « remparts face à l’extrême droite » qui changeront la donne. Au contraire. C’est en rompant avec ce système pourri de représentation élitiste, c’est en se réappropriant collectivement l’espace public par nos luttes que l’on combattra réellement le danger fasciste.

Alternative libertaire, le 1er avril 2014

 
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