Grande marche

Le 12 avril à Paris : socialisme ou barbarie

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Non, la rue n’appartient pas qu’à la « Manif pour tous », « Printemps français », « Jour de colère », Bonnets rouges et autres gogos dieudonnisés ! Oui, il existe une opposition sociale, et même anticapitaliste au gouvernement PS-Medef. Il s’agit de le démontrer le 12 avril.

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Que peut-il se passer quand l’extrême droite et plus largement la réaction saturent les ondes, le web et occupent la rue sans rencontrer d’obstacle ? Elles prennent confiance, se disent que leurs idées progressent et que les batailles idéologiques qu’elles mènent appellent des traductions politiques et électorales. Et en attendant ces lendemains qui chantent, elles occupent le terrain par tous les moyens – y compris par la violence physique.

Qu’advient-il quand le gouvernement Ayrault-Hollande mène une politique antisociale, au détriment des classes populaires, avec 80 milliards de cadeaux à la bourgeoisie (30 milliards d’exonération fiscale au patronat auxquels s’ajoutent 50 milliards de réduction des services publics) ? Qu’advient-il quand ce même pouvoir négocie avec ses homologues occidentaux un accord de libre-échange faisant sauter de nouveaux verrous sociaux et environnementaux au bénéfice des capitalistes ?

En l’absence de riposte syndicale et politique à la hauteur de la situation, il ne peut en résulter que démoralisation, désespérance et démobilisation… L’impression de n’avoir plus le choix qu’entre ultralibéralisme et fascisme... à l’instar de ce qui se passe actuellement en Ukraine.

Une marche contre l’austérité, le racisme et la réaction

Ce sont ces interrogations qui ont amené le NPA, courant février, à proposer à toutes les organisations qui combattent le gouvernement (dont AL) d’unir leurs forces pour se réapproprier la rue massivement, à l’occasion d’un « week-end de révolte de gauche ».

Une partie d’entre elles se sont emparées de cette idée et se sont rassemblées dans un collectif unitaire pour organiser, le 12 avril, une marche dirigée tant contre la politique d’austérité et anti-immigré-e-s du gouvernement que contre l’extrême droite et la réaction. Elles affirment également la nécessité de construire « une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique et féministe, fondée sur la solidarité ». Elles souhaitent enfin que ce rendez-vous ne soit pas sans lendemain.

À ce jour, plusieurs dizaines d’organisations ont décidé de soutenir cette initiative et de mobiliser.

Parmi elles on trouve nombre d’organisations politiques comme le NPA, Alternative libertaire, mais aussi celles du Front de gauche (PCF, PG, GU, PCOF, GA, Alternatifs, Fase, C&A), des structures syndicales (CGT-Finances, CGT-Services publics, CGT Île-de-France, FSU, SUD-PTT, SUD-Éducation, SUD-Santé…), des associations comme Droit au logement, l’Apeis, Attac, la Fondation Copernic...

La position d’AL

Pour Alternative libertaire, il est nécessaire de lancer des initiatives avec des cadres de mobilisation à la hauteur de la situation. Il faut à la fois développer des luttes de masse et se réapproprier la rue comme espace politique, en vue de construire une alternative autogestionnaire, anti-autoritaire et libertaire.

La décision d’AL d’être partie prenante de cette marche du 12 avril a tenu compte de trois facteurs : ses atouts, ses limites et la marge de manœuvre dont AL disposait pour s’exprimer et même peser sur le contenu unitaire.

Il n’était pas question pour AL de cautionner une initiative qui n’attaque pas clairement le gouvernement PS-EELV, ou laisse entendre que les classes populaires avaient besoin d’un « vrai gouvernement de gauche ». Au bout du compte, non seulement l’appel est clair sur ces deux points, mais AL, avec d’autres organisations, ont joué un rôle décisif en ce sens.

Néanmoins, les difficultés ont été réelles, et peuvent constituer un handicap à cette initiative.

Plusieurs organisations politiques (NPA, puis PG et PCF) ont en effet clamé, avec tambours et trompettes, que l’idée d’une marche le 12 avril émanaient d’elles. Cette façon de chercher à « labelliser » l’initiative n’était pas de nature à faciliter le rassemblement, et bon nombre d’organisations du mouvement social ont protesté contre cette mesquinerie.

Cela a constitué le principal frein à la participation d’organisations syndicales et du mouvement social qui, dans un contexte de faiblesse et de dispersion des luttes (hormis à Notre-Dame-des-Landes), peinent à faire entendre leurs voix.

Pour autant, ces organisations ont participé de bout en bout à toute la phase de discussion de cette initiative. Cela démontre à la fois une volonté d’être présent dans la rue, et une forte réticence devant les méthodes politiciennes. Pour un certain nombre de syndicats, le 1er mai, quinze jours plus tard, offre la possibilité d’être toutes et tous ensemble dans la rue, sans l’inconvénient des magouilles du Front de gauche.

Ce n’est pas faux. Le problème est que le 1er mai a un caractère rituel, et qu’en comparaison du Jour de colère prévu le 4-5 avril, il apparaîtra pâlement routinier. Sans que cela gêne le 1er mai, une date de convergence nationale le 12 avril nous fera en revanche sortir de l’ordinaire.

L’autre facteur d’appréciation pour AL à été la possibilité de peser davantage sur cette initiative en étant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Très logiquement, le Front de gauche va tenter de faire de cette journée une opération au service de sa campagne électorale. Très logiquement, les syndicats, associations de lutte, anticapitalistes et libertaires qui seront là aussi feront entendre leur propre son de cloche. AL fera le maximum pour cela.

Le combat libertaire ne peut se résumer aux échéances du 12 avril, ni du 1er mai, mais il peut s’appuyer dessus ; il faut en faire des moments forts d’expression anticapitaliste et autogestionnaire. Nos luttes ne doivent exprimer une révolte, mais aussi poser clairement les termes d’une alternative révolutionnaire au sinistre choix qu’on nous propose : barbarie libérale ou fasciste.

Laurent Esquerre (AL Paris nord-est)


POUR LA RÉUSSITE DE CETTE JOURNÉE


Le web officiel

http://www.marche12avril.org


Du côté des libertaires

Sur Facebook : Pour un 12 avril rouge et noir

 
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