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Navalny : nationaliste, raciste et chouchou des médias

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Plus d’un millier de personnes ont été arrêtées suite aux manifestations contre la corruption du régime de Poutine. A cette occasion, on a reparlé de l’opposant russe Alexeï Navalny, condamné lundi à une amende et à 15 jours de détention.

Alexeï Navalny est sans doute un des opposants russes les plus connus. On peut toutefois se demander pourquoi les médias non seulement lui accordent autant d’importance mais surtout pourquoi nombre d’entre eux le font passer pour un démocrate, alors même que ses propos le classent à l’extrême droite.

Navalny fait vendre du papier et sait créer l’événement sur le Net et les réseaux sociaux. A cela il faut ajouter que nombre d’opposants et opposantes ont été assassiné.es, ont dû s’exiler, sont interné.es en camp de travail ou subissent une répression plus forte que lui — pensons à notre camarade Alexandre Kolchenko —, au point qu’ils et elles ne peuvent que faiblement s’exprimer. Cela lui libère donc un espace politique.

Mais en Russie comme ailleurs, certains opposants de gauche à Poutine estiment que ce n’est pas un problème de s’allier avec des nationalistes à partir du moment où la priorité est d’en finir avec cette dictature !

Qui est Navalny ?

Navalny s’est fait connaître en Russie par son combat contre la corruption du régime. Il l’a d’abord mené dans les rangs du parti libéral Iabloko (« La Pomme », en russe). Mais en 2007, il est exclu de cette formation pour avoir participé à une marche nationaliste où l’on pouvait entendre des slogans racistes vociférés à l’encontre des ressortissants russes originaires du Caucase, qui constituent les principales cibles des mouvements d’extrême droite. On le retrouve par la suite dans de nombreuses autres manifestations du même genre.

On peut par ailleurs se faire une idée du personnage en lisant sa prose sur son blog Navalny.com ou sur son site Rospil.info. Il a également cofondé l’organisation Narod (« peuple », en russe), connue pour ses positions racistes et nationalistes, et devenue depuis le Parti du progrès.

Alexei Navalny, lors d’une manifestation à Saint-Pétersbourg en février 2012.

Enfin comme c’est souvent le cas avec les organisations d’extrême droite, affairisme et racisme font bon ménage. Ainsi on a retrouvé Navalny notamment comme membre du conseil d’administration d’Aeroflot, la compagnie de transport aérien russe. Il a également été un temps le conseiller d’un politicien de droite, gouverneur de l’oblast (région) de Kirov, Nikita Bielykh.

Dans une vidéo posté sur YouTube, Navalny compare des activistes caucasiens représentés sur une photo à des cafards. Il explique qu’on peut tuer les cafards avec une tapette à mouches, mais que pour les humains il recommande un revolver.

Enfin on a pu voir que peu de choses le séparent de Poutine sur la souveraineté de l’Ukraine et la question de la Crimée. Lors d’une émission de la télévision ukrainienne diffusée début 2012, il expliquait que la politique étrangère russe devait être « orientée au maximum vers l’intégration de l’Ukraine et de la Biélorussie ». En mars 2014, il expliquait qu’il ne soutenait pas l’annexion de l’Ukraine par la Russie (ouf !). Mais en octobre 2014, il affirmait que s’il était président de la Russie, il ne restituerait pas la Crimée à l’Ukraine et organiserait un référendum pour savoir à quel pays ce territoire devait revenir. Ce que Poutine a effectivement accompli.

Laurent Esquerre (AL Aveyon), avril 2015

 
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