Rythmes scolaires : Peillon bricole l’école

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La « refondation de l’École » proclamée haut et fort par Vincent Peillon se révèle une mascarade de plus. Sur bien des aspects, la continuité avec les politiques précédentes, d’Allègre à Chatel, est manifeste. Les personnels de l’Éducation nationale se mobiliseront-ils pour autant ?

L’un des plus grands tours de passe-passe du gouvernement est de faire avaler sa prétendue « priorité à l’éducation ». Mais peut-on parler de priorité quand on ne crée pas même 8 000 postes, soit à peine 10 % des 80 000 emplois supprimés dans l’Éducation nationale sous le quinquennat Sarkozy ? Quand l’une des trouvailles ministérielles est de proposer un succédané d’emploi-jeune avec les « emplois d’avenir professeurs », tout ça pour 900 euros mensuels ? Quand les précaires de l’Éducation nationale ne voient pas l’ombre d’une titularisation massive se profiler ? Et la liste pourrait encore s’allonger !

fermetures de classes en vue

Cette refondation, bricolée dans l’urgence, a vraiment du mal à convaincre tant le mot lui-même est éloigné de la politique menée. Sur les rythmes scolaires, le hiatus est accablant. Les enfants vont devoir revenir à l’école le mercredi matin, en continuant, dans la plupart des communes, à y rester jusqu’à 16 h 30 les autres jours, la pause du midi étant rallongée. Et ce « bouleversement » a été imposé au prétexte que les enfants auraient des semaines trop chargées ? Pour les enseignantes et les enseignants en tout cas, la chose est entendue : on leur demande de revenir bosser une matinée de plus sans baisser leur amplitude de travail par ailleurs (et bien sûr sans revaloriser leurs salaires).

Sans compter qu’on est très loin d’une réelle réflexion sur les rythmes scolaires dans la perspective d’une école émancipatrice. Dans les collèges et les lycées, les dotations qui arrivent sont cruelles : les moyens perdus ne sont pas de retour et les conditions de travail, fortement dégradées, vont continuer de peser sur le quotidien des personnels et des élèves.

Face aux balivernes du gouvernement, le principal syndicat de l’éducation, la FSU, joue la valse-hésitation. Faut-il être « constructif », « critique », « offensif » ? Cela dépend des secteurs, des corps de métiers et des départements. Si au niveau de l’appareil national c’est l’attentisme qui domine, dans les lycées professionnels, les syndicats FSU, Sud et CGT ont appelé en commun à la grève le 31 janvier.

Le ministère a en effet décidé de décentraliser une partie de ses attributions, ce qui fait craindre de nombreuses fermetures de classes et de sections. Sur les rythmes scolaires à Paris, le SnuIPP-FSU est partie prenante de l’intersyndicale large qui construit la mobilisation. D’autres exemples existent, et c’est sur ces mobilisations, encore éparses, que Sud-Éducation et la CGT Éduc’action aimeraient s’appuyer pour engager la lutte au niveau national.

La mobilisation parisienne exceptionnelle du 22 janvier, avec 90 % des enseignantes et des enseignants du premier degré en grève et 3 000 en manifestation, montre qu’une riposte significative est possible, entraînant au-delà des militants syndicaux.

Tom Rouergue (militant AL de l’Éducation)

 
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