CGT-Commerce : Paix entre nous, guerre aux patrons !

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Quand prendra fin l’épuisante querelle d’appareils qui pourrit la vie de la CGT-Commerce ? Le dernier congrès en a encore été le théâtre. Pourtant, il y a du pain sur la planche.

L’ambiance était plus que tendue pour ce 15e congrès de la fédération CGT du commerce, tenu à Reims du 19 au 23 mars. Était-ce en raison de l’actualité des luttes chez Carrefour, Pimkie, Lidl, Amazon, McDo ou encore Monoprix ? En partie, mais pas seulement. Hélas, l’interminable guerre d’appareils qui mine cette fédé aura, une fois de plus, polarisé l’attention. La direction fédérale ayant en effet empêché plusieurs opposant.es d’être délégué.es sous un prétexte fallacieux, une douzaine de syndicats ont tenté de faire annuler le congrès devant le TGI (en vain)…

Près de 450 congressistes étaient donc là le jour dit, sous l’œil d’une quarantaine de membres du service d’ordre fédéral et même confédéral, venus spécialement en renfort. Le contrôle strict des badges à l’entrée devait prévenir un possible chahut des séances par des militantes et militants extérieurs, comme cela avait pu se passer lors d’un précédent congrès, malgré de violentes bousculades et coups de gazeuse du SO à l’époque.

Pour un syndicalisme au diapason de celles et ceux qui luttent

Quel est le nœud du problème ? Un conflit entre l’Union syndicale du commerce de Paris d’une part, la direction fédérale d’autre part, qui dure depuis au moins dix ans. On peut reconnaître à la première, emmenée par Karl Ghazi, son rôle moteur dans l’intersyndicale Clic-P et son dynamisme dans la lutte contre le travail du dimanche. En comparaison, l’actuelle équipe fédérale semble tétanisée et incapable. Elle a d’ailleurs brillé par son inaction en 2016-2017, dans les mouvements contre les lois Travail et les ordonnances.

Mais les tendances rivales qui se disputent la direction fédérale ont en commun bien des pratiques bureaucratiques douteuses, auxquelles s’ajoutent des haines personnelles et des conflits importés du PCF, resté très présent dans cette fédé. Pour l’anecdote, la direction fédérale, comme pour s’acheter une image « rouge » auprès de certains secteurs de l’oppo, a fait voter en congrès l’affiliation de la fédé à la… Fédération syndicale mondiale, un organisme croupion hérité de l’URSS, où ne se côtoient quasiment que des syndicats staliniens et des bureaucraties garde-chiourme (syndicats officiels syrien, nord-coréen, vietnamien, cubain, iranien…).

Tout cela ne rend pas service à nos syndicats, qui ont besoin d’être renouvelés et transformés. L’autogestion dont les révolutionnaires se revendiquent n’est pas qu’un mot d’ordre pour le décorum, ou une simple aspiration à plus de transparence : c’est la volonté que le syndicalisme soit au diapason de celles et ceux qui luttent. C’est à la base que pourront émerger les stratégies victorieuses.

Travail le dimanche systématique, suppression de milliers d’emplois, effondrement des primes et rémunérations, pratiques mafieuses… Alors que la répression antisyndicale est omniprésente au sein de ces mons­tres, symboles du pire du capitalisme, les luttes ne font que croître. Ce n’est pas un hasard : la rapacité des actionnaires est leur faiblesse et nous ne supporterons plus leurs mépris très longtemps !

Fernand (AL Nantes)

 
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