Grève interpro du 9 octobre : Une journée pour relancer la mobilisation sociale

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Nouvelle réforme des retraites, suppressions de postes et précarisation massive des emplois dans la fonction publique, attaque contre les droits des chômeurs, blocage des pensions des retraités... la machine à broyer doit être stoppée !

Dans les entreprises, du moins celles où l’on discute encore de tactique syndicale, beaucoup de collègues disent déjà que cette journée ne servira à rien. Les défaites accumulées ces dernières années font croître un défaitisme mortifère. Certains estiment que les manifs d’un jour ne font plus reculer le gouvernement. D’autres ajoutent qu’il faut une grève générale mais qu’ils ne veulent pas perdre une journée de salaire pour une manif sans lendemain. Rien de tout cela n’est faux. Mais alors comment faire ?

L’appel est lancé nationalement par la CGT, Solidaires, la FSU et FO (avec l’Unef, la FIDL et l’UNL). Ce front syndical désormais traditionnel suffira t-il à passer outre le défaitisme des salarié.es ? Comment expliquer les progrès électoraux de la CFDT sinon par le sentiment d’impuissance des travailleuses et travailleurs qui se rangent derrière le discours du moindre mal ? Et comment imaginer qu’une grève générale est à portée de main quand si peu de grèves accompagnent les négociations salariales annuelles dans le privé, et quand les fonctionnaires se mobilisent si faiblement contre le blocage de leurs salaires reconduit depuis plusieurs années ?

C’est le travail en amont qui compte

Le 9 octobre ne sera sans doute pas un raz de marée. Mais cette journée d’action peut néanmoins être utile.

Il peut servir à remobiliser les équipes syndicales : faire revenir massivement les délégués du personnel dans les manifs, y compris sur leurs heures de délégation, serait déjà une belle affaire, et gonflerait subitement les effectifs manifestants.

En amont surtout, le 9 octobre peut aussi servir à décrypter les mensonges du gouvernement en déployant largement la présence syndicale aux portes des entreprises, devant les gares, les métros, les marchés. C’est l’occasion de plans de travail sérieux pour aller devant les entreprises dépourvues de syndicat. Faire des adhésions, construire des listes pour aller aux élections professionnelles. Tout ce qui devrait faire l’activité normale des syndicats mais qui hélas a beaucoup reculé ces dernières années.

La convergence des luttes suppose d’abord que les luttes sectorielles se multiplient, et gagnent. Pour redonner confiance aux salarié.es dans leur capacité de faire reculer le gouvernement et le Medef, nous avons urgemment besoin de victoires sectorielles. Les motifs ici non plus ne manquent pas : casse de la distribution de la presse, négociation de la convention collective du rail, travail du dimanche, salaires comme chez Air France (lire AL de mai et juin 2018), fermetures de sites industriels importants comme Ford à Blanquefort. Le 9 octobre, on ne fera pas la révolution, mais on doit relancer la machine à gagner !

Jean-Yves et Christian (secrétariat Entreprises d’AL)

 
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