Lire : Thomas, « Démanteler le capital ou être broyés »

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Tom Thomas est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux contradictions du capitalisme. Son nouveau livre publié dans la collection « Empreinte » d’Alain Bihr cherche à penser la configuration actuelle d’une crise économique qui exprime une logique sénile à force de contradictions. Parce que la valorisation exige que la plus-value (ce surtravail extorqué aux travailleuses et travailleurs productifs) obtenue lors d’un cycle de production soit convertie en capital additionnel dans un nouveau cycle, le capital (entendu comme rapport social) ne peut persévérer qu’en accroissant la quantité de plus-value proportionnellement à celle du capital s’accumulant.

Sauf que, aux temps de production de la plus-value, s’ajoutent les temps de circulation du capital qui sont improductifs (vente du produit et circulation de l’argent – les « faux frais » selon Marx). Si le procès de production de la plus-value a pour objet l’élargissement du capital productif, le capital improductif des opérations commerciales et financières ne représente qu’une ponction sur la valeur créée. Le moyen grâce auquel le capitaliste fait croître son profit consiste à développer la productivité en remplaçant du travail vivant (le capital variable) par le travail mort cristallisé dans des machines (le capital fixe).

La conséquence est connue : les hausses de productivité abaissent, à l’aide de l’automatisation, de l’intensification du travail, et de la baisse du salaire (socialisé), la quantité de travail productif de plus-value. La production de plus-value est compromise, entraînant le procès de dévalorisation du capital. La nécessaire émancipation d’un rapport social dont la sénilité menace la planète sera donc l’œuvre des travailleuses et travailleurs décidé-e-s à abolir le prolétariat, diminuer le travail contraint et augmenter le temps libre, enfin démocratiser le partage des richesses produites.

« Socialisme ou barbarie » disait hier Rosa Luxemburg ; « détruire le capital ou être broyés » écrit aujourd’hui Tom Thomas.

Franz B. (AL 93)

 
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