Clash, bulletin jeunesse d’AL (mars 2017)

19 mars : Pour la justice et la dignité

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Le 19 mars, c’est une mobilisation contre le racisme qui gangrène l’État, les médias, la police et la justice. La police n’hésite pas à employer la violence pour défendre l’ordre social (souvenons-nous de la répression des manifestant.es contre loi Travail). Et quand ses victimes n’ont pas la peau blanche, elle cogne plus fort encore !

Quand la police blesse, mutile, humilie ou tue, que ce soit Adama Traoré, Théo Luhaka ou tous les autres, la justice se fait complice. Comme si les injures, les blessures et les morts ne suffisaient pas, elle relaxe les policiers ou les condamne à de faibles peines. Alors qu’au même moment, celles et ceux qui se révoltent contre ces injustices sont présenté.es comme des délinquant.es et prennent de la prison ferme.

C’est seulement grâce au combat des collectifs pour la justice et la vérité que les victimes réussissent à faire sim­plement appliquer la loi. Les médias donnent la parole à de soi-disant experts réactionnaires, qui se lâchent de plus en plus à l’approche de l’élection présidentielle. Au point que le responsable d’un syndicat de policiers puisse tranquillement déclarer à la télévision que l’insulte « bam­boula » est « convenable ».

Au fil des années, de la répétition de ces violences et de leur impunité, on comprend bien qu’il ne s’agit pas de bavures et de cas exceptionnels. C’est un véritable système d’intimidation des habitantes et des habitants dans les quartiers populaires. Le fait que les Brigades anticriminalité se comportent comme des troupes d’occupation en zone hostile est un héritage de la période coloniale.

Mépris et répression

Les migrantes et les migrants qui n’ont commis d’autre crime que de n’avoir pas de titre de séjour, doivent subir le harcèlement des préfectures, celui des policiers qui volent leurs couvertures et les empêchent même de dormir par terre, dans la rue.

Face à ce drame, il n’y a qu’une réponse politique possible : la régula­risation des sans-papiers, et la liberté de circulation. Disons-le clairement : l’« invasion mi­gratoire » est un mythe. Un million de migrant.es, c’est 0,2 % de la population européenne.


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Le bluff de l’état d’urgence

L’état d’urgence n’a empêché aucun attentat terroriste. Il a en revanche été utile pour museler les mouve­ments contestataires. Et s’est surtout traduit par une stigmatisation accrue des musulman.es, visé.es par la majorité des perquisitions et des assignations à résidence. Pourtant, moins de 1 % de ces mesures « préventives » ont débouché sur des enquêtes judiciaires pour faits de terrorisme.

Justice et dignité

Quand on réclame la fin du har­cèlement, des discriminations au travail et au logement, du racisme au quotidien, les pouvoirs publics en font retomber la faute sur celles et ceux d’entre nous qui n’ont pas la peau assez blanche ou qui n’ont pas un nom assez « français », en prétextant qu’ils ont « un problème d’intégration » ! C’est inverser les responsabilités, et c’est inacceptable.

La solution ne viendra pas des politiciens, mais de nous-mêmes, et des solidarités que nous aurons tissées.

Que ce soient les révoltes des quartiers populaires, les blocages de lycée, les manifestations, nous refusons la crimi­nalisation de nos luttes. Continuons à nous organiser collectivement pour construire un mouvement antiraciste puissant et combatif. Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

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Manifestation pour Adama Traoré, le 29 juillet 2016 à Paris, finalement interdite.
cc Wolf Bonpiedboneil
 
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