Manifeste pour une Alternative libertaire

Un combat révolutionnaire

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Nous sommes révolutionnaires c’est-à-dire partisans d’une transformation radicale de la société. La lutte de classe peut conduire à un renversement des priorités et des critères dans la société. Elle peut substituer des rapports de production autogestionnaires aux rapports capitalistes ; une démocratie autogouvernée et fédéraliste, à l’État ; un nouveau rapport mondial égalitaire, à l’ordre impérialiste.

Être révolutionnaire, cela ne signifie pas attendre passivement une rupture « inéluctable » : l’avenir n’est écrit nulle part, il sera ce que les hommes en feront, et à chaque situation historique le champ des possibles est largement ouvert. Il n’y a aucune raison pour que l’histoire ait atteint son stade ultime : le capitalisme ne sera pas la dernière forme de la société humaine. Mais un socialisme autogestionnaire ne lui succédera pas mécaniquement, au terme d’une « crise finale » à une seule issue possible.

Être révolutionnaire, cela ne signifie pas non plus se couper des conditions de vie et de lutte nécessairement limitées qu’impose le cadre capitaliste, tant qu’on ne l’a pas renversé. Nous refusons le « tout ou rien » et affirmons bien au contraire que la voie qui peut préparer une révolution future se trouvera au travers des contradictions de la société réelle, et de toutes les luttes partielles que l’on doit y mener.

La rupture révolutionnaire, le passage global d’une société capitaliste à une société autogérée nous paraît l’aboutissement d’un long processus historique de luttes de classe et de maturation des consciences, où les travailleurs et la population imposeront progressivement leur contre-pouvoir.

Révolutionnaires, nous ne sommes pas a priori partisans d’une solution violente. L’essentiel dans un processus de transformation est dans l’œuvre constructive, qui nécessite une autodéfense de la population pour préserver les acquis. Mais le degré de violence d’une révolution est d’abord choisi et imposé par les classes dirigeantes renversées. Elle peut donc être nécessaire. Il faut alors faire preuve de vigilance, pour se garder des excès et du danger de militarisation.

Excepté dans les situations de dictature ou d’occupation militaire ou coloniale, nous sommes opposés aux actions minoritaires violentes menées par des groupes armés coupés de la population et des travailleurs, et nous sommes notamment opposés aux attentats mettant en jeu la vie des personnes. L’action minoritaire armée, menée dans ces conditions, conduit au face à face avec l’État ; elle légitime le renforcement de celui-ci et conduit à un isolement paranoïaque.

Par ailleurs, dans le contexte de reflux des luttes, le système policier et judiciaire tend à criminaliser de nombreuses formes de luttes de masse. Aussi établissons-nous une ligne de démarcation claire entre les actions armées minoritaires isolées et les formes dures prises par les luttes des travailleurs et de la population pour la défense de leur acquis et de leurs combats.

De même, nous ne confondons pas l’action armée minoritaire avec l’illégalisme qu’impose aux organisations révolutionnaires et à la classe ouvrière un État fort niant le droit de grève ou de manifestation. Nous ne réduisons pas non plus l’action symbolique de minorités contre les images du pouvoir et de l’exploitation à un terrorisme aveugle.

Enfin, nous devons souligner que ce qui engendre l’action armée minoritaire c’est souvent le terrorisme d’État, notamment dans les pays colonisés ou du tiers monde.

Pour conclure, disons que la limite de l’action des révolutionnaires ne se fixe pas en terme de respect de la légalité imposée par l’État mais évolue en fonction de la conscience des masses en ce qui regarde la légitimité de l’action.

Lire la suite : Le socialisme spontané des travailleurs

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