Nucléaire : Toutes et tous à Cherbourg pour dire non à l’EPR !

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Les 15 et 16 avril prochains, à Cherbourg, aura lieu un grand rassemblement anti-nucléaire dont le point d’orgue sera une manifestation internationale qui partira le 15 du quai Lawton Collins contre le projet d’implantation d’un réacteur EPR à Flamanville et pour commémorer le vingtième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Cette manif ouvrira un week-end de débats et de concerts.

Avec l’usine Cogema de La Hague et son centre de production et de transformation de plutonium, l’arsenal de Cherbourg et ses sous-marins nucléaires, le centre de stockage de la Manche de l’Andra et ses 526 650 m3 de déchets radioactifs, sans oublier la centrale de Flamanville et ses deux réacteurs, on sait que le nord de la presqu’île du Cotentin est gangrené par l’industrie nucléaire. On aurait pu penser qu’il était difficile de faire pire en matière de concentration industrielle. EDF nous montre que non en tentant d’installer son pseudo-nouveau réacteur EPR à Flamanville.

Un peu d’histoire

Si cette situation a toujours suscité une opposition, le rapport de force imposé par les antinucléaires a eu des hauts et des bas. Après les grands mouvements de la fin des années 70 et début des années 80, on a assisté à l’essoufflement des luttes antinucléaires dans la région. Les raisons de cet essoufflement sont multiples, et l’échec des grands rassem- blements de 80 et 83, l’absence de résultats probants et la tentation électorale d’un certain nombre de personnes, moteurs du mouvement local, en font sûrement partie. Si l’on ajoute à cela les diverses pressions financières et sociales exercées par EDF et Cogema, difficile de rester antinucléaire dans le ventre de la bête. Si l’on excepte le Crilan, animé entre autres par Paulette et Didier Anger, qui a continué contre vents et marées et à la hauteur de ses moyens à s’opposer au lobby nucléaire tout puissant, il fallait souvent attendre les interventions (importantes mais ponctuelles) des équipes de Greenpeace (activement soutenues par un important réseau local) à l’occasion des transports de plutonium et de mox pour que les apprentis sorciers de la Cogema n’agissent pas en toute impunité.

Et maintenant ?

Il semble que la décision d’implanter le réacteur EPR à Flamanville, si elle ne rencontre pas d’opposition locale massive, donne tout de même un nouveau souffle au mouvement.

Un collectif, “L’EPR non merci, ni ailleurs, ni ici”, regroupant une vingtaine d’associations, d’organisations, de syndicats, et des inorganisé(e)s a été créé, il y a deux ans pour engager la lutte. Après un passage difficile dû à l’obstination de certaines organisations à participer au simulacre de débat public, contre la volonté du collectif qui déployait des banderoles et distribuait des tracts pour s’y opposer, la préparation du rassemblement des 15 et 16 avril a permis de remobiliser sur un objectif commun avec l’idée que, pour plus de visibilité, il fallait étendre géographiquement cette lutte. Avec le soutien actif du réseau “Sortir du nucléaire”, un travail de mobilisation a donc eu lieu à l’échelle du “grand Ouest” avec l’embauche d’un salarié et l’ouverture d’un bureau à Cherbourg le 1er novembre dernier, dans le but d’initier la création de groupes de soutien à travers toute la France ainsi que de les fédérer et leur fournir information et matériel commun.

D’autre part, des groupes d’opposition à l’implantation des couloirs de lignes à très haute tension se sont constitués et réussissent à mobiliser les paysans touchés par ces couloirs bien au-delà du Cotentin. C’est ainsi, par exemple, que l’association “Mayenne survoltée” revendique 1 200 adhérent(e)s, et que l’on trouve des associations dans le sud de la Manche (une réunion publique en janvier a réuni plus d’une centaine de personnes à Villedieu-les-Poêles) et dans tout le “grand Ouest”.

À nous donc de mobiliser dès maintenant pour que ce rassemblement soit l’occasion de rappeler à l’État que les choix énergétiques sont également des choix de société, que le Nord-Cotentin ne doit pas rester une zone surmilitarisée et que pratiquement vingt ans jour pour jour après la catastrophe de Tchernobyl, son bilan, sur lequel personne n’est d’accord, va 4 000 à plusieurs centaines de milliers de morts.

Max Béria


Après Chirac, le déluge !

Le 19 janvier dernier, Hirochirac n’a pas pu se retenir de jouer les va-t-en guerre à la barre du SNLE (sous-marin nucléaire), le Vigilant, et devant un parterre de militaires : « La dissuasion nucléaire [...] n’est pas destinée à dissuader des terroristes fanatiques. Pour autant, les dirigeants d’États qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous, tout comme ceux qui envisageraient d’utiliser, d’une manière ou d’une autre, des armes de destruction massive, doivent comprendre qu’ils s’exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d’une autre nature. » Alors que dans la même allocution il prétend appliquer le Traité de non prolifération, ce genre de déclaration ne peut qu’encourager les velléités iraniennes ou pakistanaises de s’équiper en armement nucléaire, si ce n’est déjà fait.

 
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