Marche mondiale des femmes : Pauvreté, violence, domination : Basta !

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Partie le 8 mars du Brésil, la Marche mondiale des femmes faisait escale à Marseille le 28 mai dernier, et poursuivra son périple jusqu’à Ouagadougou au Burkina Faso où elle prendra fin le 17 octobre. Pour cette étape européenne, la manif colorée et très dynamique a rassemblé environ 10 000 personnes venant de nombreux pays : Belges venues en nombre prendre le relais de la Marche, Grecques, Espagnoles, Algériennes, Chypriotes, réfugiées iraniennes et kurdes etc.

Du côté français, si les mouvements féministes étaient au rendez-vous la mobilisation des organisations syndicales et politiques a été faible. Parmi les cortèges, l’énergie des salariées de Fabio Lucci, dans leur trentième jour de grève pour les salaires, a été remarquée. Le week-end a été mis à profit pour élaborer des revendications et des campagnes européennes. On notera particulièrement : une campagne pour obtenir une loi européenne contre les violences faites aux femmes, sur le modèle espagnol ; d’autres pour revendiquer des emplois à plein temps et un salaire minimum européen car les femmes sont les premières victimes du chômage et de la pauvreté ; le soutien aux luttes pour l’avortement au Portugal et en Andorre, avec pour moment fort, le 10 décembre décrété journée européenne de lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

À l’occasion du passage de la Marche, un collectif anti-autoritaire local a proposé une semaine de réflexion autour du genre : « Pour en finir avec le patriarcat ». Du 24 au 27 mai, il a organisé les débats suivants : Femmes du Sud, Femmes et migrations, Femmes contre la précarité, De la lutte contre le sexisme dans la publicité à la déconstruction du genre. Le collectif a atteint son objectif de faire mieux comprendre la construction sociale et culturelle des sexes dans laquelle les hommes sont dominants, même si on regrettera la faible participation aux débats avec une moyenne d’une trentaine de participant(e)s. Lors de l’euromanif du 28, le cortège du collectif anti-autoritaire à servi de point de ralliement aux libertaires, dont les militant(e)s d’Alternative libertaire, de la FA et de d’Offesnive libertaire et sociale. Alors que la construction de l’Europe du capital connaît une crise, il faut saisir cette opportunité de développer les mouvements sociaux au niveau continental. Mais attention à ce que la dynamique féministe ne se fourvoie pas dans des impasses institutionnelles, le parrainage des débats de la Marche par les conseils général et régional montre que le danger est bien réel.

Hervé (AL Marseille)

 
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