Affaire de Tarnac : Le mystère du « petit carnet noir à spirale »

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L’affaire des « terroristes » de Tarnac est appelée à se dégonfler lamentablement. Heureusement, certains journalistes sont là pour la relancer opportunément.

Les éléments à charge pour terrorisme dans l’affaire de la « mouvance anarcho-autonome » de Tarnac font largement défaut. De sorte que la justice a dû libérer la plupart des personnes poursuivies. On a bien compris que le pouvoir dans cette affaire cherche avant tout à faire passer un message au mouvement social.

Le mois denier nous avons mis en évidence le caractère liberticide des dispositions réglementaires mises en place à l’occasion de la création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue de la fusion des RG dans la DST.

Dans cette affaire, on a vu l’emballement de la presse. Si toute et tous les journalistes n’ont pas suivi des délires du pouvoir, on a vu la disponibilité de nombre d’entre elles et eux pour relayer ses affirmations – et ses indiscrétions volontaires.

Cependant il y a des journalistes qui ne se contentent pas de relayer mais qui vont plus loin en s’efforçant de pallier les défaillances de la police. Dans le genre, l’agence de presse Credo, dirigée par Alain Hamon s’est particulièrement distinguée. Ce vieux spécialiste des affaires criminelles a signé le 23 novembre 2008, un papier éloquent dans le Journal du dimanche.

Il y écrivait tranquillement que « dans l’un des logements perquisitionnés, les policiers sont peut-être passés à côté d’un indice qui aurait pu intéresser le magistrat instructeur ». Et qu’une semaine après les perquisitions, « un petit carnet noir à spirale, anonyme » a été retrouvé à Tarnac. La photo du carnet illustre l’article. Et là, le scoop : le carnet mentionne, à deux reprises, l’achat de fers à béton. Serait-ce ceux qui ont été utilisés pour saboter les caténaires de la SNCF ? En tout cas cette révélation « pourrait relancer l’enquête qui patine ».

Ainsi quelqu’un, après la police, a procédé à sa propre perquisition privée. Un quelqu’un qui n’est pas de la police. Mais qui donc ?

L’article prend quelques précautions au sujet des fers à béton : « Si cette mention peut servir “à charge”, elle peut tout aussi bien s’expliquer par des travaux qu’auraient envisagés Julien Coupat ou ses amis. Alors, ce carnet a-t-il été déposé après la perquisition effectuée par la police ou a-t-il été laissé là par les enquêteurs ? Délibérément ou non ? »

Le journaliste a dû se déplacer, aller voir : « Autre sujet d’étonnement, ce logement perquisitionné n’a pas été placé sous scellés, ni même sécurisé. »

N’est-ce pas étonnant, ce petit carnet à spirale retrouvé après les perquisitions de la police et qui fort opportunément « pourrait relancer l’enquête » ? Qui donc a pu s’introduire illégalement dans la ferme, voler une preuve judiciaire ? Quel nouvel « oubli » de la police allons-nous encore découvrir ?

En attendant, cet article a été pris au sérieux par qui de droit. On trouve dans les actualités du site Soutien11 novembre.org cette information : « Nouvelle perquisition à Tarnac. Ce matin 27 novembre, une équipe de gendarmes et de la SDAT a effectué une nouvelle perquisition dans l’appartement de Gabrielle H. Prenant comme témoins l’adjoint au maire et un conseiller municipal. Prétextant la recherche du “petit carnet noir” trouvé par le JDD, ils ont pris un téléphone portable dont nous ne connaissions pas l’existence. »

Victor

 
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