Edito : La boue

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La boue se forme toujours par sédimentation. Depuis des années les politiques publiques racistes, les discours sécuritaires, le développement de la presse de caniveau ont peu à peu alimenté la progression de l’extrême droite. Celle-ci, dans une véritable lutte culturelle, a imposé et diffusé ses grilles de lectures. Certains, à gauche, ont cru pouvoir s’emparer de certaines thématiques, comme celle du nationalisme économique ou celle de « l’immigration contrôlée », en pensant couper l’herbe sous le pied aux fachos. Mais à vouloir s’appuyer sur la boue on ne fait que s’y enfoncer.

Cette lutte culturelle est une lutte à mort. Elle fabrique l’acceptabilité de l’ignoble. De fait, dans une grande partie des grandes puissances et des pays européens, l’extrême droite est au pouvoir, seule ou intégrée à des coalitions. Et dans la plupart des autres pays des recompositions politiques se dessinent entre une extrême droite et diverses forces politiques de droite ou plus hétéroclites, comme le mouvement 5 étoiles en Italie.

Mais il n’est pas dit qu’à l’avenir, dans le cadre probable d’une situation d’instabilité politique et institutionnelle, comme il en existe dans la majorité des démocraties libérales, l’extrême droit ne devienne un dernier recours pour maintenir la stabilité du pouvoir bourgeois.

Alternative Libertaire, le 2 octobre 2018

 
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