Rencontres euroméditerranéennes

Entreprises autogérées de tous les pays, unissez-vous !

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Un réseau européen des entreprises autogérées se met en place. Dans cette perspective, travailleurs et travailleuses d’entreprises autogérées, syndicalistes et associatifs de toute l’Europe se sont retrouvés à Thessalonique fin octobre. Un processus à suivre de près.

En Argentine, en 2007, avait eu lieu la première rencontre internationale dite « de l’économie des travailleurs ». Travailleurs et travailleuses d’entreprises autogérées, syndicalistes, militants et militantes associatifs et politiques, universitaires ont constitué un espace d’échanges et de réflexions, autour de ce que nous nommerons par le terme, plus usuel dans nos contrées, d’autogestion [1]. Des rencontres, internationales ou continentales, sont régulièrement organisées. À Thessalonique, fin octobre, elles étaient euroméditerranéennes.

En 2014, la première initiative européenne s’était tenue dans l’usine Fralib, alors occupée ; cette fois, c’est chez les Vio.Me., lieu de production autogéré depuis février 2013, que ça se passait. Durant trois jours, des témoignages extrêmement intéressants ont été livrés par des représentants et représentantes d’entreprises récupérées : Vio.Me et Scop-TI (ex-Fralib), mais aussi Dita en Bosnie, Itas en Croatie, Jugoremedija en Serbie, Kazova en Turquie, Officine Zero et Rimaflow en Italie, La Fabrique du Sud en France.

cc association autogestion

Divers collectifs grecs intervenant sur des domaines différents (entreprises, centres de santé, cliniques, arts, camps de réfugié.es…) ont aussi fait part de leurs expériences. Des organisations syndicales étaient parties prenantes de ces rencontres : Solidaridad Obrera de l’État espagnol, IP de Pologne, ELA du Pays basque, RIS de Croatie, Solidaires de France, le Réseau syndical international de solidarité et de lutte ; trop peu, au regard du sujet ! Un pont a été établi avec des délégations du Mexique (personnel de l’éducation de la CNTE), d’Argentine (une entreprise d’arts graphiques récupérée), du Kurdistan (comité des femmes du Rojava). Coorganisatrice des rencontres, comme Solidaires, l’Association Autogestion était également présente. Enfin, des universitaires venu.es de nombreux pays ont présenté leurs travaux.

Processus de lutte

Repères historiques, contradictions dans le fonctionnement quotidien, ouvertures vers d’autres horizons, rôle des organisations syndicales, auto-organisation, processus démocratiques… le menu de ces trois jours fut riche. Un réseau européen des entreprises autogérées se met en place ; les inégalités dans l’avancée des réflexions de chaque collectif n’ont pas permis d’aller aussi loin et aussi vite que les Vio.Me, par exemple, le souhaitaient. La volonté très majoritaire des quelque 500 participants et participantes, ainsi que des organisations syndicales et collectifs autogérées présents, est bien d’inscrire cette gestion directe par les travailleurs et les travailleuses dans un processus de lutte pour rompre radicalement avec le capitalisme. De quoi intéresser le mouvement libertaire, n’est-il pas ?

Christian (Banlieue sud-est)


[1Le terme est ici utilisé de manière généraliste, au sens qu’on lui donne usuellement. En réalité, dans le cadre du système capitaliste, la gestion directe d’entreprises ou services est possible comme le montrent diverses expérience ; mais pas l’autogestion, car il s’agit là d’un projet de transformation sociale de la société dans son ensemble, avec des modifications fondamentales en termes de pouvoir de décision, de rapports entre classes sociales, de notions de hiérarchie et de responsabilité, etc. De même, dans ce court article, nous ne traitons pas des différences entre gestion ouvrière, gestion directe, contrôle ouvrier, etc. Le fait qu’elles soient parfois théorisées ne suffit d’ailleurs pas forcément à les rendre effectives.

 
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