Lutte : Notre-Dame-des-Landes, la résistance s’organise

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La lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est accélérée à l’approche du procès du 13 janvier, mettant en délibéré l’expulsion des habitantes et habitants historiques. L’opposition a choisi de faire monter la pression avant le procès et jusqu’à son rendu, le 25 janvier.

Le samedi 9 janvier, plus de 20 000 personnes, 400 tracteurs et 1 500 vélos ont manifesté sur le périphérique nantais. Les tracto-vélos et les marcheurs et marcheuses se sont retrouvé-e-s dans une ambiance surréaliste sur le pont de Cheviré, principal lien entre les rives nord et sud de la Loire. Une belle manifestation, déterminée et conviviale, qui a regonflé les militantes et militants. Initialement prévue le 16 janvier, la date a été avancée au dernier moment pour tenir compte du procès en expulsion fixé le 13 janvier. Préparée en moins de deux semaines, il s’agit d’une démonstration de force et d’un succès incontestable. La manifestation fut l’occasion pour le Front anticapitaliste 44 de rassembler derrière ses banderoles plusieurs centaines de personnes !

Officiellement, la manifestation devait se terminer à 15 h 30, mais les paysans qui le pouvaient, avec 80 tracteurs, sont restés pour bloquer le périphérique. Au total, plus de 500 personnes se sont installées entre les barrages avec barnums, stands de bouffe, musique…

Dès le lendemain les actions de blocage ont repris dans tout le département, du pont de Saint-Nazaire à la préfecture de Chateaubriand, sans compter les dizaines de rassemblements de solidarité dans tout l’Hexagone !

Une répression féroce

Malgré cette mobilisation croissante le gouvernement a choisi de faire la sourde oreille et jouer la carte de l’intimidation. Au soir du 9 janvier déjà, lors du blocage du pont de Cheviré, nous avons dû évacuer sous les lacrymos et les canons à eau, alors que nous avions accepté de lever le barrage. De même, lors de l’opération escargot du 12 janvier, dix-neuf personnes dont un militant d’AL Nantes ont été placées en garde à vue. Elles sont convoquées au tribunal le 24 février pour entrave à la circulation, et risquent 4 500 euros d’amende, deux ans de prison et six points de permis pour entrave à la circulation. Leurs véhicules sont en fourrière jusqu’au procès. La solidarité s’organise et un appel aux dons a été lancé.

Si Hollande n’a pas répondu à la demande des paysans de respecter sa promesse de n’engager aucune expulsion, ses sbires ont préféré essayer, en vain, de les intimider. Suite à un blocage, trois d’entre eux ont été arrêtés avec leur tracteur, leur outil de travail !

Pourtant, plus localement, les élu-e-s locaux sont obligé-e-s de prendre position. La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, favorable au projet, a demandé au gouvernement d’intervenir dans un sens ou dans l’autre, la situation n’étant plus tenable !

Si la mobilisation ne faiblit pas et que le moral est là, nombre d’opposants et opposantes pressentent une intervention policière dans les semaines à venir. En cas d’expulsion de la ZAD, une grande manifestation aura lieu le samedi suivant à Nantes. Dès le premier jour, les collectifs locaux sont appelés à mener des actions de blocages (routes, parkings Vinci, opération péages gratuits…) ainsi qu’à occuper symboliquement les lieux de pouvoir (préfectures, mairies…). Gagner contre l’aéroport, c’est donner un nouvel élan à l’ensemble des luttes écologistes et enfin afficher une victoire au compteur du mouvement social !

Benjamin (AL Nantes)

 
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