nécrologie

Salam ya Gisèle !

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Alternative libertaire et la cause anticolonialiste perdent une camarade, une amie, une militante dont la force, l’humour et la révolte étaient communicatifs.

Gisèle Felhendler est partie. Nous avions fait sa connaissance en 2007, à Paris dans le XIXe arrondissement. Avec son compagnon Alban, elle rejoignait alors la Ligue communiste révolutionnaire, portée par la dynamique de la campagne présidentielle.

Gisèle ne faisait pas de politique avec une calculatrice. Ce qui l’intéressait alors ce n’était pas l’attente d’un grand soir électoral, mais la recherche d’outils permettant de fédérer les luttes et de renforcer un projet global d’émancipation de toutes les dominations. Le projet de création du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) souleva ensuite beaucoup d’espoirs. Aussi participa-t-elle à la construction des comités NPA dans le XIXe arrondissement et à l’animation de son secteur international.

En 2008-2009, les militantes et militants d’AL la retrouvaient dans les luttes de solidarité avec les grèves de travailleurs et travailleuses sans papiers. Elle soutint le piquet de grève des salarié-e-s de Fabio Lucci, près de la porte de Pantin. Présente dans la solidarité internationale avec la Palestine ou avec la Tunisie pendant les révolutions arabes (2011), elle aidait les exilé.es qui devaient faire face au harcèlement policier dans les squares du XIXe. Elle était de celles et ceux qui firent le lien entre les exilé.es, les organisations tunisiennes de l’immigration et les organisations françaises.

Gisèle (à dr.) dans la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction.

Elle joua un rôle important pour favoriser les regroupements unitaires dans le XIXe et participa notamment au réseau anticapitaliste local qui regroupait des militantes et militants du NPA, d’AL, des Alternatifs, des communistes unitaires et des camarades de Solidaires. Ce collectif impulsa des luttes, en relaya d’autres et obtint par exemple le retour de la gratuité du festival du cinéma en plein air du Parc de la Villette, qui attire chaque été des dizaines de milliers de personnes. Elle participa aussi au développement des cafés politiques que le réseau impulsa à travers tout l’arrondissement.

Entre deux luttes nous aimions nous retrouver avec elle dans un des bars qu’elle appréciait pour boire un verre ou pour écouter Trio de Janeiro, le groupe de jazz-bossa d’Alban.

C’est durant ces années qu’elle cofonda l’association Sortir du colonialisme, et devint une des chevilles ouvrières de la Semaine anticoloniale et du Salon anticolonial de Paris, qui se tiennent chaque année. Elle anima également une émission pour le compte de Sortir du colonialisme sur Radio libertaire, puis sur Fréquence Paris Paris Plurielle.

Militante à AL Paris nord-est

En 2012, la crise qui déchira le NPA rendit difficile la lutte collective et le débat sur la stratégie d’action et de transformation sociale. C’est à ce moment-là qu’elle se rapprocha d’Alternative libertaire et qu’elle rejoignit le collectif AL Paris Nord-Est, où nous profitions au fil des réunions de ses connaissances, de son envie de nourrir le projet communiste libertaire et de sa joie de vivre.

Elle prit part à l’activité du groupe AL Paris Nord-Est, de la commission antiraciste et de la commission international, notamment en relayant appels, manifs, rencontres et autres initiatives qui lui semblaient importants, notamment quand elles émanaient de Sortir du colonialisme ou de l’Union juive française pour la paix.

Jusqu’en 2018, Gisèle demeura très active. Elle s’est battue jusqu’au bout. Nous perdons une camarade, une amie, une militante dont la force, l’humour et la révolte étaient communicatifs.

Toutes nos pensées vont à Alban, son compagnon, et à Élodie, sa fille, à qui nous faisons part de notre solidarité.

Ses ami.es et camarades d’Alternative libertaire

  • Un hommage collectif sera rendu à Gisèle Felhendler en novembre. Le lieu et la date seront communiqués prochainement.
 
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