Jeux olympiques : Ça dérape toujours

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Le comité d’organisation de Paris 2024 jure que tout est sous contrôle. Vraiment ? Retour sur l’organisation des olympiades passées et à venir, toujours présentées comme rentables… avant la déconvenue.

Athènes 2004 : 5,3 milliards annoncés, 10 dépensés

Les JO d’Athènes ont marqué un tournant dans les olympiades modernes. Pour la première fois et bien avant l’ouverture, le spectre du défaut de paiement et de Jeux rabotés finis à la va-vite s’est étalé au grand jour. Si les épreuves ont bien eu lieu, le coût final des Jeux plombe le pays qui porte depuis 2005 les stigmates d’une dépense hallucinante tout en continuant de payer les intérêts de la manifestation.

Pékin 2008 : 2,6 milliards annoncés, 31 dépensés

La république populaire n’a pas souhaité être prise en défaut et à donc dépensé sans compter pour ce qui restera les olympiades les plus chères de l’histoire. Si ce flot d’argent n’a en son temps pas dérangé grand monde, certains scandales comme les destructions de quartiers ou les décès liés à la construction du stade olympique reste des plaies béantes pour les habitants et habitantes.

Londres 2012 : 4,8 milliards annoncés, 11 dépensés

Le retour en Europe des Jeux était censé symboliser un apaisement des relations entre le CIO et la société civile. Il n’en fut finalement rien. Entre un dépassement de budget conséquent et les scandales liés aux transformations du quartier de l’East End dans lequel les anciens habitants et anciennes habitantes n’ont pu retrouver leur quartier, le compte n’y est pas. Londres fut contraint de réinjecter 300 millions d’euros pour la transformation du stade.

Rio 2016 : 9 milliards annoncés, 12 dépensés

Obtenus dans des conditions troubles en 2009, les Jeux de Rio devaient consacrer le Brésil comme nation de premier plan. ­Entre-temps, les revenus liés à l’exploitation pétrolière ont été divisés par deux et, dès 2013, l’économie s’est essoufflée. Le résultat laisse un goût amer aux habitantes et habitants de Rio, qui ne peuvent que constater que les infrastructures promises pour les jeux sont de mauvaise qualité (voire dangereuses).

Tokyo 2020 : 6,6 milliards annoncés, 13,2 dépensés

Suivant la triste habitude des précédentes olympiades, le Comité olympique a déjà dépassé joyeusement le budget initial. De 6,6 milliard, le coût des JO avait déjà atteint 13,2 milliard en 2016. Le comité d’organisation a donc dû trouver urgemment des pistes d’économies, notamment en remplaçant l’architecte du grand stade prévu initialement. Le CIO semble avoir compris que les années dorées étaient derrière lui.

Paris 2024 : 6,6 milliards annoncé…

Paris peut-il éviter ces écueils ? Il est permis d’en douter. On voit mal comment ou pourquoi Paris serait épargné par les maux qui ont gangrené les autres olympiades et ce dès l’organisation. Mais puisque tout est sous contrôle, nous sommes prié.es de croire nos décideurs sur parole.

Nico (AL Paris-Nord-Est)

 
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