Jean-Michel Blanquer : Une rentrée sous le signe de l’échec

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La rentrée scolaire s’organise autour d’un échec généralisée  : difficultés sociale, formation sinistrée des enseignants, droits d’inscription bafoués, classes surchargés... Seule alternative : se mobiliser pour défendre l’école publique.

Le nouveau ministre de l’Éducation national, Jean-Michel Blanquer, donne le ton en organisant une rentrée scolaire catastrophique.

Échec n°1  : l’entourage social des enfants ne cesse de se dégrader : enfants mal logés, enfants vivant la précarité sociale, destruction de la médecine de prévention, destruction des Réseaux d’aide aux difficultés scolaires. Aucune amélioration des résultats de l’école n’est réaliste, sans une amélioration des conditions de vie des enfants. Et pour l’instant, rien n’est prévu…

Échec n°2  : la formation initiale des enseignants n’est toujours pas à la hauteur des besoins ni d’un point de vue didactique, ni d’un point de vue pédagogique. On continue à faire semblant de croire que disposer d’un mastère permet d’enseigner, alors que tout le monde sait que c’est faux. La formation continuée des enseignants est effondrée  : il n’y a plus de stages, ni de temps de réflexion ou de formation en cours de carrière.

Échec n°3  : Le droit à l’inscription des élèves est bafoué. On ne compte plus les étudiants qui ne sont pas parvenus à s’inscrire à l’université, les lycéens qui n’ont pas de bahut (et les lycées qui n’ont pas le matériel nécessaire pour faire travailler les lycéens… comme au lycée Sabatier de Bobigny), les collégiens refusés le jour de la rentrée, les écoliers que les mairies refusent d’inscrire au mépris de l’application de la loi sur l’obligation scolaire.

Échec n°4  : Après avoir supprimé un dispositif «  Plus de maîtres que de classes  » sans aucune évaluation dans les écoles REP +, le gouvernement a imposé des «  CP à 12, 100 % de réussite  » sans aucune concertation avec les mairies qui n’ont pas les locaux, ni les enseignants qui du coup se retrouvent à deux dans la même salle sans l’avoir choisi.

Pour nous occuper l’esprit, le gouvernement recommence à nous promener avec un pseudo débat entre la syllabique et la globale, les neurosciences et le numérique à l’école, alors que ce qui s’organise, c’est l’affaiblissement de l’école publique afin de créer un marché scolaire et péri-scolaire permettant l’entrée des grands groupes privés dans un espace plus que prometteur du point de vue des bénéfices à prendre.

Pour nous détourner du réel, on fait la promotion à tous les étages des écoles «  alternatives  », «  bienveillantes  », dans lesquels les enfants des familles aisées pourraient suivre des scolarités apaisées et coûteuses, pendant qu’iraient à l’abandon les écoles des banlieues et des villages pressurées à l’extrême pour faire baisser les dotations de l’État.

La seule alternative, c’est de dé­fendre l’école publique, non pas pour ce qu’elle est mais pour ce qu’on voudrait qu’elle soit, défendons-là en construisant des mobilisations pour exiger pour tous les enfants des conditions de vie et de travail acceptables, et l’application des droits sociaux qui les concernent  : droit à l’école, droit à la médecine de prévention, droit à des enseignants formés et compétents, droit à l’amélioration réfléchie des conditions d’enseignement.

Véronique Decker (Amie d’AL)

 
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