Edito : L’Aquarius ou le « soft » fascisme

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Ce n’est plus un horizon menaçant mais une réalité présente : l’extrême droite est au pouvoir dans nombre de pays capitalistes et son empreinte sur le cours du monde est aujourd’hui centrale.

En Europe, elle dirige déjà l’Italie, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie ou encore la Finlande, et pèse fortement dans les autres pays. Mais cette situation n’est que le prolongement « logique » des politiques menées depuis des années par les gouvernements libéraux. Point de rupture mais la continuité d’un même pouvoir qui se durcit pour pallier la délégitimation croissante des démocraties bourgeoises parlementaires.

En témoigne la sombre histoire de l’Aquarius. Le bateau, transportant 630 réfugié.es, est empêché de débarquer en Italie par le gouvernement néofasciste. Alors que la situation humanitaire s’aggrave à bord, le gouvernement français annonce froidement qu’il ne l’accueillera pas non plus et c’est en Espagne qu’il pourra finalement débarquer après des jours d’errance. La situation humanitaire est sacrifiée sur l’autel des calculs politiciens. La déshumanisation des réfugié.es dont elle témoigne est accablante. Comme un prélude à la catastrophe.

Et celle-ci n’a pas l’exclusivité de l’extrême droite officielle. Quelques jours après, Macron accueillera d’ailleurs à bras ouvert le Premier ministre italien, entérinant ainsi l’alliance des deux visages de la barbarie. D’un côté, la face braillarde d’une extrême droite ouvertement fasciste et de l’autre la face policée et marketée du soft fascisme.

Alternative Libertaire, le 4 juillet 2018

 
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