Franprix : La grève paye !

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Retour sur une victoire des salarié-e-s d’un Franprix de Saint-Denis, principalement des caissières, qui se battent pour de meilleures conditions de travail, des augmentations de salaire et le respect du code du travail.

En faisant ses courses, une militante syndicale parle régulièrement avec les caissières de la supérette (13 salarié-e-s dont le gérant) de l’ambiance au Franprix « rue de la Rép’ »... Alors lorsqu’elle se disent que les arnaques sur le salaire, les temps de pause inexistant, le travail du dimanche imposé, les non-remplacements des congés maladies, ça suffit, elles contactent « naturellement » l’union locale Sud Solidaires Saint-Denis. Ça tombe bien, l’UL a décidé de tenir des permanences syndicales pour les salarié-e-s mais surtout pour développer des sections syndicales dans les boîtes privées. Après un temps important de discussion, 8 caissières décident de se syndiquer à Solidaires 93 (en lien avec Sud Commerce et Service).

Solidaires a dû attaquer au tribunal (et a gagné) pour que les élections de représentants du personnel aient lieu : ce n’est pas l’habitude de la boîte que d’avoir des syndicalistes en entreprise. Franprix c’est un montage complexe de franchises imbriquées. L’objectif : limiter à des unités de productions de peu de personnes, du coup sans comité d’entreprise, pour empêcher toute organisation et revendication des salarié-e-s. Après des mois de discussions sur les revendications salariales qui n’avancent pas et le montage de dossier pour les prud’hommes, les caissières décident d’utiliser la grève, du presque jamais vu ces dernières années à Saint-Denis dans un magasin de ce type. La grève est préparée pendant plusieurs semaines entre les salarié-e-s et l’UL Saint-Denis.

30 % en plus le dimanche matin

Samedi 4 juin à 8h, 10 des 13 salarié-e-s du Franprix se ­retrouvent devant le magasin, soutenu-e-s par une vingtaine de camarades syndicalistes. Banderole, autocollants, pétition de soutien aux revendications, caisse de solidarité... tout a été fait pour créer de la visibilité et de la solidarité. L’AG interpro de Saint-Denis, mobilisée contre la loi « travail » et son monde, avait lancée une action de soutien. Résultat : plus de 70 personnes devant le magasin à 10 h 30. On nous dit à 9 h 30 qu’il y aura un rendez-vous avec la DRH lundi. À midi la DRH est sur place, veut bien « lâcher des choses » mais refuse s’il y a grève, promettant que s’il y a reprise du travail il y aura des compensations à une réunion le mercredi suivant. Les camarades du Franprix décident à l’unanimité de refuser cette proposition et de continuer la grève tant qu’il n’y aura rien de satisfaisant.

Une heure plus tard, la DRH lâche. Un protocole de fin de conflit est signé : ouverture de négociations sur les salaires, remplacement des arrêts, augmentation de 30 % des salaires le dimanche matin, de 100 % après 15 h. Évidemment ce n’est pas suffisant. Mais les camarades de Franprix étaient super contentes en voyant ce qu’elles pouvaient gagner, le soutien financier (plus de 600 euros donnés) et ont repris le travail la tête haute.

Il s’agit de rester vigilant face à la répression. Et, pour l’UL, de réussir à développer la formation syndicale locale pour que les camarades puissent être le plus autonome possible et puisse disposer des outils pour lutter. ­L’idée, c’est aussi de continuer à développer ce type de sections et de luttes qui gagnent, pour redonner confiance aux salarié-e-s dans ce qu’est la force concrète de l’unité et de l’action. C’est indispensable pour aller plus loin, notamment sur des grèves interpro. Et pour renforcer notre camp dans la lutte des classes !

Simon Laviec (AL Saint-Denis)

 
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