Militantisme : Se former, un outil dans la lutte antipatriarcale

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Début mars, le collectif AL de Lyon accueillait une formation antipatriarcat ouverte à l’ensemble de l’organisation. L’occasion de faire le point sur les positions et les pratiques au sein d’Alternative libertaire.

Depuis quelques temps, les militants et militantes d’AL travaillent à l’augmentation de formations internes, afin de répondre aux besoins de tous et toutes de se rencontrer, d’échanger et d’avancer dans la construction du militantisme au quotidien ; ces formations sont donc proposées à un rythme régulier et accueillies dans différentes villes. Les méthodes de formation reprennent les outils de l’éducation populaire qui permettent de co-construire les contenus avec le savoir de chaque participant et participante.

Les 4 et 5 mars, c’était au tour de Lyon d’accueillir une formation sur le thème de l’antipatriarcat. Elle a réuni 10 personnes, principalement des femmes. Au cours du week-end, plusieurs ateliers se sont succédé autour de thèmes aussi divers que les positions fédérales d’AL, la prostitution ou encore la prévention des agressions sexuelles. Ces ateliers ont été conçus de façon à permettre à chacune et chacun de partager son savoir et à faciliter la prise de parole des plus réservé.es, ce qui implique aussi le silence de ceux et celles qui donnent plus facilement leur avis.

Les échanges ont mis en avant le besoin constant d’asseoir nos théories en lien avec nos pratiques. Certaines problématiques liées à la domination masculine ont pu être abordées avec pragmatisme : qu’est-ce qui marche, qu’est-ce qui ne marche pas, mes idées sont-elles des vœux pieux ou sont-elles basées sur du concret ? On s’aperçoit ainsi qu’en analysant les mécanismes de domination des hommes sur les femmes, on comprend beaucoup sur les dominations et l’émancipation en général. Ici, chacun et chacune réinterroge sa position dans l’espace social, autour des rapports « dominant /dominé ».

Système d’oppression

Le constat est évidemment partagé, que si les comportements individuels sexistes sont à blâmer, ils sont une résultante du système d’oppression patriarcal. En effet, il n’a pu qu’être réaffirmé que les réponses individuelles ne peuvent changer en profondeur ce système ; et que c’est collectivement que nous pouvons et devons nous y opposer.

Le samedi soir a permis une rencontre avec une organisation proche d’AL, tant dans les positions politiques que dans beaucoup de pratiques. Les militants et militantes d’AL ont ainsi pu accueillir des camarades de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) à l’occasion de la projection d’un documentaire. Ce dernier, Pourquoi les femmes sont plus petites que les hommes ?, démontre que l’inégalité de traitements entre femmes et hommes commence dès la naissance, à travers l’alimentation.

Nous sommes reparti.es de cette formation en faisant le constat que notre organisation est un outil d’émancipation, pas seulement pour la révolution à venir, mais ici et maintenant, et qu’être dans une démarche collective nous permet aussi d’évoluer dans notre parcours individuel.

Nous regrettons cependant que si peu d’hommes aient participé à cette formation ; car s’il est évident que ce sont les premières concernées, donc les femmes, qui doivent mener la lutte, il nous semble important que les hommes prennent conscience de l’exercice de leur domination, ce qui est rarement le cas.

Marion et Épic (AL Auvergne)

 
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