journal de bord

Un communiste libertaire dans les YPG #12 : « Un cadeau inattendu »

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« Mal arrimée au tube, cette connerie de roquette menaçait, au moindre mouvement brusque, de tomber et d’emporter avec elle votre blogueur préféré. »


Alternative libertaire reproduit les billets du blog Kurdistan-Autogestion-Révolution, carnet de voyage d’un camarade engagé au sein des YPG.

Au fil des semaines, il témoignera de la vie au sein des milices combattantes, des débats qui s’y mènent et de l’expérience du confédéralisme démocratique dans les zones libérées.


Front Est de Raqqa, le 30 août 2017

Suite de mon précédent billet.

Le premier immeuble avait été investi sans combat. Dans le lointain, on entendait les explosions des bombes qui s’abattaient sur Mansoura.

Voilà mon unité se déplaçant dans les rues désertes vers un nouvel objectif. La fatigue montait, mais l’environnement urbain mettait tous mes sens en alerte.Toutes les anecdotes et les conseils prodigués à l’académie se bousculaient dans ma tête : attention aux mines, attentions aux pièges, attention aux tireurs embusqués qui pouvaient littéralement être partout autour de nous.

Quand nous avons atteint notre nouvelle position, ça a été comme une délivrance.

Pendant que certains partaient en quête de couvertures et de matelas, nous nous sommes déployés sur le toit. Marteau et burin en main, j’ai été chargé de percer des meurtrières dans le muret qui entourait le toit. Trente minutes après notre arrivée, nous avons enfin été autorisés à nous reposer. Avec le sentiment du devoir accompli, je me suis assoupis. Au bout de quelques minutes, je dormais même à poings fermés.

Au bout d’une heure, peut-être deux, j’ai été tiré du sommeil. On repartait.

Je n’avais pas fini de me harnacher qu’un camarade est venu me taper sur l’épaule avec un cadeau inattendu – et pas vraiment espéré : le lance-roquette de notre équipe ! Le précédent porteur ne nous accompagnait pas – j’ignore pourquoi – et voilà qu’on me transférait cette responsabilité. Certes, on m’avais prévu qu’avec ma grande taille, on me demanderait sans doute de porter pas mal de matériel, mais là c’était un peu rapide à mon goût…

Retour dans les rues toujours aussi inamicales et obscures de Mansoura mais, cette fois, avec sur le dos de quoi me faire exploser 22 fois. De surcroît, mal arrimée au tube, cette connerie de roquette menaçait, au moindre mouvement brusque, de tomber et d’emporter avec elle votre blogueur préféré…

Arthur Aberlin

 
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