Tract d’AL Toulouse

Qu’ils s’en aillent tous !

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Dix ans de pouvoir UMP ont fait oublier que la gauche au pouvoir, ce n’est pas beaucoup mieux que la droite. Pourtant, le gouvernement de Lionel Jospin avait plus privatisé que les gouvernements de droite réunis depuis le début de années 80, continuait à massivement expulser des sans-papiers, à réprimer les mouvements sociaux, à passer des lois sécuritaires (comme la Loi sur la Sécurité Intérieure de 2001), etc.

Qu’est-ce qu’on voit ?

Ce que nous savions déjà : qu’un gouvernement de « gauche » peut aussi être très doué pour nous en mettre plein la gueule ! À Toulouse, depuis plus d’un an le Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion (CREA) squatte des bâtiments vides afin de permettre à des familles sans domicile de vivre sous un toit sans que cela ne coûte rien à la collectivité. Mais l’Etat socialiste a choisi de protéger le droit de propriété, même pour des locaux inoccupés (certains depuis des années). Il a envoyé des centaines de flics pour expulser le CREA.

À Notre Dame des Landes, près de Nantes, des centaines de personnes occupent des terres et les cultivent, notamment afin de s’opposer à la construction d’un aéroport inutile que le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault veut absolument pour sa région et au profit de la multinationale VINCI. Depuis maintenant près d’une semaine, ce sont près de 500 gardes mobiles qui gazent, matraquent, et tentent d’exproprier manu militari des gens qui sont simplement dans leurs bons droits. Les exemples pourraient se multiplier : expulsion de Rroms, recul devant les « pigeons », continuation du nucléaire, mensonges sur le gaz de schiste, emplois « d’avenir », pacte budgétaire européen, casse du système ferroviaire, etc. Et vu les dizaines de milliers de suppressions d’emploi promises par le patronat et les préconisations du rapport Gallois, ce n’est que le début.

Alors, que faire ?

Le mouvement social ne doit pas se contenter du changement de pouvoir. Il faut aller bien plus loin. Cela passe par la construction d’une alternative politique de rupture avec le système capitaliste, par l’organisation de toutes et tous pour résister, et par le soutien aux travailleurs, précaires, chômeurs, etc. qui mènent la lutte face à l’ordre patronal. En Espagne, en Grèce, en Argentine, etc. des travailleurs touchés par la crise tentent de s’organiser seuls, sans patrons ni politiciens, mettant en avant la seule question qui vaille : à qui doit revenir le pouvoir dans les entreprises et dans la société ? Dans les années à venir l’austérité va nous frapper de plein fouet. Plutôt que d’attendre que cela arrive, c’est maintenant que nous devons organiser les résistances, au boulot, dans les quartiers, et partout où cela est possible. Plus largement, il faut prendre conscience que la solution ne viendra pas d’un Etat aux ordres des patrons, mais de nos initiatives et de notre capacité à nous fédérer, à nous organiser, et à proposer une alternative à l’exploitation économique que nous vivons actuellement.

Collectif Alternative Libertaire Toulouse

 
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