dimanche, 23 novembre 2014
 
 

Retraites, services publics : place à l’action

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Bien plus encore que la grève générale du secteur public le 26 novembre dernier (pour l’emploi, les retraites, les services publics et le pouvoir d’achat), le référendum d’EDF-GDF sur les retraites du 9 janvier constitue un coup de semonce pour la France d’en haut qui dirige le pays.

À la détermination du gouvernement dans sa volonté de faire la peau non seulement aux personnels d’EDF-GDF mais à l’ensemble du salariat, afin de pouvoir aider les riches à devenir plus puissants, doit répondre la révolte des salarié(e)s face à une offensive de trois décennies de la bourgeoisie qui n’a que trop duré. En novembre-décembre 1995, le souffle de la contestation était venu des cheminots.

En février 2003, il pourrait venir de l’ensemble du secteur public, réellement menacé de disparition en France, si rien n’est fait très rapidement. C’est ainsi que des assemblées interprofessionnelles d’arrondissement se multiplient à Paris depuis la fin janvier dans le XIIIe, à l’initiative des travailleur(se)s de la Bibliothèque nationale de France (BNF), mais aussi dans le XVIIIe et dans le XXe. D’autres villes commencent à être gagnées par de telles initiatives.

L’objectif de ces assemblées de base est de se préparer à des grèves dures pour défendre les services publics et plus largement les droits des salarié(e)s en y associant aussi les salarié(e)s du privé et les associations de lutte. La priorité de l’heure est à leur développement, leur multiplication et leur fédération.

Multiplier les assemblées populaires interprofessionnelles

L’appel de l’intersyndicale de la BNF (XIIIe) n’en dit pas plus sur le contenu mais son appel est suffisamment ouvert pour que des débats soient engagés et que des exigences plus précises soient formulées.

Nous, militant(e)s d’Alternative libertaire, nous inscrivons d’autant plus dans cette démarche que nous ne cessons d’écrire, de dire et d’agir pour qu’il en soit ainsi depuis des années. Nos écrits et nos actes témoignent pour nous.

Comme nos camarades communistes libertaires et anarcho-syndicalistes d’Espagne, d’Italie, du Brésil, d’Argentine, et d’ailleurs, nous défendons l’auto-organisation et le développement d’un mouvement d’assemblées populaires et démocratiques souveraines pour impulser des luttes, développer la solidarité, conquérir des droits, à commencer par celui de décider.

Qui doit décider ? À qui doivent appartenir les services publics et les entreprises ? Quelles doivent être leur fonction (utilité sociale, accessibilité, gratuité...) ? Peut-il exister des services publics sans domination de l’État et sans logique marchande ?

Quelle démocratie voulons-nous ? Celle qui s’arrête aux portes des entreprises et des parlements, expression des seuls patrons et professionnels de la politique ? Ou celle qui implique le contrôle et la révocation des élu(e)s qui ne peuvent être des fonctionnaires d’autorité, mais des représentant(e)s tenant leur mandat des assemblées de travailleurs et travailleuses.

Les tensions perceptibles dans les services publics peuvent contribuer à approfondir la crise de la représentativité (amplifiée par les élections de 2002) des partis institutionnels, des bureaucraties syndicales et plus généralement des institutions qui ne ressentent même plus le besoin d’utiliser le cache-sexe républicain pour opprimer celles et ceux qu’elles prétendent représenter.

Les assemblées interprofessionnelles qui commencent à émerger auront à répondre à des questions à la fois très concrètes et très politiques. De la qualité de leurs questionnements et de leurs réponses mais aussi de leur capacité d’initiative découleront non seulement l’avenir des services publics mais aussi celui de la transformation sociale.

Laurent Esquerre