Mexique : Libérez-les !

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« Il y a aujourd’hui plus de prisonniers politiques au Mexique qu’en 1969 » [1], ceux-ci sont issus des nombreux mouvements au sein du pays. L’amnistie de toutes ces personnes commence à devenir la revendication principale dans de nombreux endroits.

Confrontée aux révoltes indigènes, paysannes, ouvrières, étudiantes, la classe possédante mexicaine a rarement hésité à recourir aux forces policières et à l’armée pour écraser les insurgé-e-s.

Depuis deux ans une nouvelle vague de répression s’est abattue contre les secteurs en lutte. Attaque contre les grévistes de Sicartsa (une entreprise de sidérurgie) dans l’État du Michoacán qui fit deux morts, répression à Atenco en mai 2006 contre la population et les militant-e-s du FPDT (Front des peuples en défense de la terre), à Oaxaca contre les militants et sympathisantes de l’Appo (Assemblée populaire des peuples de Oaxaca), au Chiapas contre les bases d’appui zapatistes. De plus, deux militants du groupe politico-militaire EPR, Gabriel Alberto Cruz Sánchez et Edmundo Reyes Amaya, ont « disparu » depuis mai dernier et des manifestant-e-s antimondialisations sont toujours enfermé-e-s deux ans après les manifestations de Cancun...

Chaque fois, des dizaines de personnes ont été emprisonnées et croupissent dans les centres de haute sécurité. Des juges ont condamné à 67 ans de prisons les leaders du FPDT. À Oaxaca les frères Soza, porte-paroles de l’Appo, sont emprisonnés depuis des mois et David Venegas, militant libertaire membre de Vocal (Voix oaxaxiennes construisant l’autonomie et la liberté) et conseiller de l’Appo a vu pour la troisième fois ses motifs d’inculpation changer afin d’empêcher sa libération.

La question des prisonniers est devenue prioritaire pour le mouvement social au Mexique. Dès juin 2006, l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) a proposé aux militant-e-s de la Otra Campana d’en faire l’un des axes majeurs de leur programme de lutte. De même, l’Appo exige la libération des prisonniers et prisonnières politiques. Les mouvements libertaires, à l’occasion de l’Anarcogalactica de cet été au Chiapas, ont décidé de lancer des actions dans tout le Mexique.

Début octobre, à Mexico, une centaine d’organisations venues de 17 États du Mexique et avec le soutien d’intellectuels et d’artistes ont créé le Front national contre la répression (FNCR) pour tenter de stopper la répression qui a pris des proportions alarmantes. Le front se donne pour objectif d’obtenir la libération de tous et toutes les emprisonné-e-s, l’arrêt des ordres de détention, la réapparition en vie des disparu-e-s et l’amnistie pour toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques.

Pascal (AL Rouen)

[11. Paco Ignacio Taibo II (écrivain et militant)

 
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